Une place en garderie ? Une place pour la valorisation de la profession d’éducatrice…

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Date de publication

dimanche 24 octobre, 2021

Ressource

Anik Routhier

Trouver une place en garderie n’est pas de tout repos, par les temps qui courent. Les listes d’attente explosent, et quelque 50 000 enfants ne bénéficient actuellement pas d’un service de garde. Des mères de famille cherchent en vain à reprendre leur place au travail, et un mouvement a d’ailleurs été mis en branle par Myriam Lapointe-Gagnon en réponse à la pénurie des places en garderie au Québec et à la défaillance du guichet d’accès unique La Place 0-5.

Le gouvernement se dit prêt à créer des places et les infrastructures qui les abriteront. Cependant, à l’heure actuelle, une grave pénurie de main-d’œuvre sévit dans les milieux de garde. Pour pallier ce manque, la proportion d’éducatrices qualifiées présentes dans les milieux de garde a temporairement été diminuée à une sur trois (plutôt que deux), ce qui a un impact majeur sur la qualité des services offerts aux familles. Ajoutons à cela des conventions collectives non renouvelées ainsi que des conditions de travail qui nuisent grandement au pouvoir attractif de la profession d’éducatrice, et voilà le cocktail parfait pour déclencher une bombe à retardement qui continuera d’aggraver la situation des familles.

J’enseigne aux futures éducatrices qui veulent obtenir leur DEC (diplôme d’études collégiales). Il est tentant pour elles de quitter ce bateau plutôt que de demeurer trois années sur les bancs d’école pour ensuite se retrouver sur le marché du travail dans des conditions peu reluisantes. Pourtant, le travail que font les éducatrices s’avère d’une importance capitale pour notre société. C’est l’avenir de celle-ci que nos éducatrices ont entre leurs mains, en éduquant nos enfants et en leur fournissant de solides bases pour bien grandir…

En effet, une éducatrice, c’est là pour aimer l’enfant, pour l’accueillir, pour lui faire développer une saine estime de lui-même, pour lui faire découvrir des valeurs comme le partage, l’entraide et le sens des responsabilités. C’est également là pour apprendre à l’enfant à devenir plus patient, à développer sa créativité, à faire des pas graduels pour devenir autonome et confiant. Une éducatrice, cela suscite aussi des occasions d’apprentissage tout en jouant et cela stimule l’enfant à découvrir son univers. Une éducatrice, c’est une grande partie du petit monde de chaque enfant… Pour le bien des enfants, prenons soin de nos éducatrices et reconnaissons leur travail exceptionnel !

L’automne sera chaud… Des grèves d’éducatrices pourront venir déranger votre routine familiale. Cela dit, valoriser la profession d’éducatrice et offrir des conditions de travail intéressantes constituent des éléments essentiels pour combler les places que le gouvernement souhaite offrir aux familles. Chaque enfant mérite sa place en garderie, certes, mais il a droit à une place sous la responsabilité d’une éducatrice qualifiée, compétente et dont le travail est reconnu à sa juste valeur.

Alors, comme parent, il ne tient qu’à vous d’appuyer l’éducatrice de votre enfant, d’appuyer les éducatrices, pour que nous puissions vivre dans une société qui reconnaît l’importance de l’éducation à la petite enfance, pour que nous vivions dans une société dans laquelle nos enfants ont une place de choix…

 

Anik Routhier
Enseignante en Techniques d’Éducation à l’enfance 

Photo : Rashid Sadykov on Unsplash