Collège Reine-Marie Fin 30 Sep 2020

Comprendre le cerveau des enfants pour mieux intervenir

Comprendre le cerveau des enfants pour mieux intervenir
lundi 06 juillet, 2020

Vous êtes-vous déjà demandé comment fonctionne le cerveau de votre enfant ? Avez-vous parfois l’impression que votre petit comprend plus de choses que vous ne le pensiez, ou encore, à l’inverse, que son cerveau semble fermé à tout ce que vous pouvez dire ou faire, comme si vous parliez une autre langue ? Les recherches dévoilent de plus en plus d’informations sur le développement du cerveau, et ces constats pourront vous aider dans votre vie parentale. Faites connaissance avec le cerveau de votre enfant sans plus tarder !


Mythes et réalités sur le cerveau

Avant de commencer, voici quelques questions dont vous trouverez la réponse à la fin de l’article.

  1. 1. VRAI ou FAUX ? Le cerveau se modifie constamment tout au long de la vie, et non seulement durant l’enfance.

  2. 2. À quel âge le cerveau atteint-il sa pleine maturité ?

  3. 3. Quel est le pourcentage de l’intelligence déterminé par les gènes ? Quel pourcentage est influencé par l’entourage avec lequel l’enfant est en relation ?

  4. 4. VRAI OU FAUX ? Plus une personne est intelligente cognitivement, plus elle est intelligente émotionnellement.

  5. 5. VRAI OU FAUX ? Le cerveau de l’enfant et celui de l’adulte ont le même nombre de neurones, c’est-à-dire environ 100 milliards.


Deux cerveaux…

Vous savez probablement déjà que le cerveau comporte deux hémisphères, dont chacun possède ses spécialités. Le gauche se veut logique et linguistique. Il aime organiser et raffole des détails. Le droit, pour sa part, apparaît plus artistique. Il préfère les images aux mots, et se montre plus intuitif et émotif. C’est cet hémisphère qui domine chez l’enfant, jusqu’à 3 ans.

Cela dit, le cerveau est aussi composé d’une partie plus primitive de même que d’une part plus évoluée. J’aime cette vulgarisation inspirée du livre Le cerveau de votre enfant :il y a un cerveau du haut et un cerveau du bas. Le cerveau du bas fonctionne parfaitement dès la naissance du bébé, alors que celui du haut prendra jusqu’à 25 ans pour arriver à maturité. L’objectif ultime est d’intégrer les deux cerveaux pour qu’ils travaillent de concert. Dans un tel contexte, votre enfant apparaîtra mentalement et émotionnellement équilibré. Il fera preuve de flexibilité, d’adaptabilité et de stabilité. Un enfant trop rigide, ou  trop agité, a un cerveau qui n’est tout simplement pas encore intégré.

Pour y arriver, les portes du cerveau du haut doivent être ouvertes et c’est le cerveau du bas qui choisit, ou non, d’y donner accès. Calme, votre enfant bénéficie de ses deux cerveaux. Énervé ou émotionnel, il ne peut plus utiliser son cerveau du haut. Découvrons la recette somme toute assez simple qui permet de remédier à cette situation.


Un cerveau à son meilleur

Les enfants font des crises, pleurent ou boudent, c’est connu. Dans ces situations, leur cerveau ne fonctionne pas à plein régime. En effet, les émotions fortes, gérées par le cerveau du bas, empêchent l’accès au cerveau du haut. Puisque le cerveau se retrouve en mode « urgence », il dépense toute son énergie à la gestion des émotions, et son côté rationnel, situé en haut, n’est donc plus accessible. Voilà pourquoi, quand vous tentez de raisonner votre enfant en crise, cela ne donne aucun résultat. Le cerveau de votre enfant n’est alors pas en mesure d’analyser et de comprendre ce que vous dites. Il est « fermé ».

La manière simple de rouvrir le passage entre le cerveau du haut et le cerveau du bas, mais aussi de solliciter les deux hémisphères et non seulement le droit (émotionnel), demeure tout simplement de reconnaître ce que l’enfant vit. Ce dernier doit se sentir compris, donc il suffit de lui refléter ses émotions (p. ex., je vois que tu es très fâché), plutôt que de lui servir des phrases du genre : « Ce n’est pas grave ! », alors que pour lui la terre s’écroule. Accompagné de respirations profondes ou d’un câlin (après dix secondes, celui-ci a un impact sur le système hormonal de l’enfant), vous verrez rapidement votre enfant se calmer, et avoir à nouveau accès à l’ensemble de ses facultés cérébrales. L’activité physique, la danse ou la musique peuvent aussi aider à regagner le calme, dans les cas où l’enfant paraît simplement stressé ou énervé.

Une fois la tempête passée, ce sera alors le temps de solliciter le cerveau du haut et l’hémisphère gauche pour élaborer des solutions rationnelles au problème vécu. Pas avant. Il ne sert à rien de vouloir travailler avec l’enfant lorsqu’il est en mode réactif. Il n’est pas aux commandes. 


Cependant, les crises des enfants ne sont pas toujours des crises incontrôlées du cerveau du bas. Elles sont parfois aussi bien intentionnelles et, comme parent, vous devez avoir le flair de distinguer ces deux types de crises. Une crise de « caprices » nécessite de rester ferme et d’éviter toute négociation, alors qu’une crise du bas requiert d’abord et avant tout de l’empathie, puisque l’enfant n’est pas en contrôle de lui-même. Astuce : un enfant qui fait une crise « d’en haut » arrive à changer de ton et d’attitude immédiatement s’il obtient ce qu’il veut, alors qu’une crise du bas prend plus de temps à calmer.

Gardez tout de même en tête que, comme l’enfant a un cerveau en développement, il lui est impossible d’être toujours rationnel. Il doit apprendre à gérer ses émotions, ce qui viendra avec le temps, mais sera soutenu par votre manière d’accueillir ce qu’il ressent sans le minimiser. Une fois calmé, encouragez l’enfant dans l’exploration des solutions, et questionnez-le sur ce qu’il pense. Laisser l’enfant raconter ce qu’il a vécu (même à plusieurs reprises) lui permet d’ailleurs d’intégrer l’expérience et d’aider les émotions à s’estomper. Dans le cas d’expériences plus troublantes, n’essayez donc pas de les faire oublier à l’enfant, mais laissez-le plutôt les raconter tant qu’il en aura besoin. Il pourra ainsi passer à autre chose.


Renforcer quand tout va bien…

En temps normal, n’hésitez pas à renforcer les comportements adéquats de votre enfant. Un comportement qui reçoit une récompense crée davantage de connexions dans le cerveau, c’est-à-dire des voies entre les neurones. Plus ces chemins sont sollicités, plus ils deviennent efficaces, et donc plus l’enfant adopte facilement le comportement associé.

Le cerveau préfère les récompenses sociales (privilèges, temps exclusif, jeu, câlin) aux récompenses matérielles. En effet, les premières créent davantage de connexions entre les neurones. Toutefois, n’exagérez pas la dose, car trop de récompenses peuvent aussi diminuer la motivation intrinsèque.


Un cerveau qui change toute la vie

Bonne nouvelle : rien n’est jamais définitif ! La plasticité du cerveau fait en sorte que ce dernier se modifie constamment. Il est donc possible d’altérer les connexions négatives, et de créer des voies positives en tout temps. Évidemment, plus un chemin neuronal est emprunté, plus il s’apparente à une autoroute : le cerveau l’emprunte à une vitesse folle. Afin d’éviter cela, il faut aider le cerveau à créer de nouvelles voies de contournement. Et l’autoroute, inutilisée, finira par disparaître puisqu’elle n’a pas été entretenue.

En d’autres termes, si vous voulez changer la structure du cerveau, il est beaucoup plus facile de remplacer une habitude ou un comportement inadéquat par une autre manière de faire, que de simplement vouloir cesser d’adopter ce comportement. Lorsque le cerveau n’a pas d’autre chemin à emprunter, il est tenté d’aller vers l’autoroute habituelle. Donc, pour aider votre enfant (ou vous-même) à enrayer un comportement, proposez-lui une façon différente de faire et renforcez-le dans cette voie.


Votre cerveau et celui de votre enfant : des âmes sœurs !

La science a mis en lumière un fait étonnant : les cerveaux communiquent entre eux. Il existe des neurones miroirs : ceux-ci sont en mesure de créer des connexions en étant simplement témoins d’un comportement, sans même l’avoir mis en pratique. Voilà ce qui explique pourquoi nos enfants imitent plusieurs de nos actions, mais aussi pourquoi ils ressentent notre stress ou notre calme. De véritables réactions chimiques sont générées chez l’enfant, dont le cerveau absorbe, en quelque sorte, les émotions et les comportements des parents.

 

Morale de l’histoire : si votre cerveau est agité, ne soyez pas surpris de voir votre enfant tout aussi survolté. Faites un effort pour vous calmer en sa présence. En fait, il vaut mieux vous retirer que de demeurer près de lui quand vous êtes stressé, en colère ou anxieux. Le temps que vous prendrez pour faire descendre la pression s’avère bénéfique non seulement pour vous, mais aussi pour votre enfant.

 

Un cerveau actif

Votre cerveau a-t-il bien assimilé les informations de cet article ? Gardez à l’esprit que les émotions jouent un rôle primordial sur l’optimalité du cerveau. Visez le calme chez votre enfant, d’abord et avant tout, afin que son cerveau entier fonctionne. Récompensez-le sur le plan social lorsqu’il se comporte adéquatement, pour favoriser la création de connexions neuronales, et proposez-lui d’autres manières de faire s’il présente des comportements inadéquats. Finalement, n’oubliez pas que votre cerveau et celui de votre enfant sont en constante communication : vos émotions et vos actions se reflètent directement sur le cerveau de votre petit, alors prenez soin de vous et de votre cerveau. 

 

Anik Routhier
Maman et enseignante en éducation à l’enfance

 

Réponses aux questions

  1. 1. VRAI. Le cerveau se modifie constamment tout au long de la vie, et non seulement durant l’enfance.

  2. 2. Le cerveau atteint sa pleine maturité à 25 ans, et parfois un peu plus tard chez les hommes.

  3. 3. L’intelligence est déterminée à 50 % par les gènes et 25 % peuvent dépendre des gens avec lesquels l’enfant est en relation.

  4. 4. FAUX. Il n’y a pas de lien entre le quotient intellectuel et l’intelligence émotionnelle.

  5. 5. VRAI. Le cerveau de l’enfant et celui de l’adulte ont le même nombre de neurones, c’est-à-dire environ 100 milliards. La différence réside dans le nombre de connexions entre les neurones, qui augmente avec l’âge.

 

Sources et lectures inspirantes

BILBAO, Álvaro. Le cerveau de l’enfant expliqué aux parents, Paris, Odile Jacob, 2019, 288 pages.

BRILLANT, Stéphanie. Guide du cerveau pour parents éclairés, Arles, Actes Sud, 2019, 304 pages.

MAZEAU, Michèle et  Alain POUHET. Dans le cerveau de mon enfant : La révolution des neurosciences, Paris, Éditions Horay, 2018, 208 pages.

SIEGEL, Daniel J. et Tina PAYNE-BRYSON. Le cerveau de votre enfant. Manuel d’éducation positive pour parents d’aujourd’hui, Laval, Guy Saint-Jean, 2016, 264 pages.

SIEGEL, Daniel J. et Tina PAYNE-BRYSON. Un cerveau en formation. Comment développer courage, curiosité et bienveillance chez votre enfant, Laval, Guy Saint-Jean, 2019, 264 pages.





 




 







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