L'arrière Scène Fin 20 Déc 2019

Poids et image corporelle : pour une vision saine en famille !

Poids et image corporelle : pour une vision saine en famille !
lundi 13 mai, 2019

Mars est le mois de l’alimentation. Mais saviez-vous qu’il existe aussi une Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires, au début de février ?

Une semaine « Le poids ? Sans commentaire ! » a également lieu en novembre. Tous ces événements rappellent que l’alimentation peut être plus problématique qu’il n’y paraît, et que bien des gens se forgent une image corporelle déformée d’eux-mêmes.  


Les défis parentaux relatifs à tout ce qui entoure l’alimentation et le poids semblent nombreux, qu’il s’agisse de nourrir les enfants de manière équilibrée (et de leur faire manger des légumes avec le sourire !), de transmettre des messages positifs face à l’acceptation de soi ou encore de mettre en place de saines habitudes d’activités physiques que les petits pourront garder la vie durant. 


Cet article sans prétention se veut donc une occasion d’alimenter (c’est le cas de le dire !) votre réflexion à ces sujets, dans un cadre familial.


Quelques statistiques à considérer…


Sans vouloir paraître alarmiste, il demeure tout de même important de souligner que les problèmes relatifs au poids et à l’image corporelle atteignent une bonne part de la population, en particulier les femmes.

-        35% des fillettes de 9 ans ont déjà tenté de maigrir[1].

-        Les troubles alimentaires touchent près d’une adolescente sur trois, âgée entre 12 et 18 ans, et figurent au 3e rang des maladies chroniques les plus fréquentes chez les adolescentes[2].

-        34 % des adolescents et plus de 40 % des adolescentes de niveau secondaire sont insatisfaits de leur image corporelle et affirment vouloir modifier leur apparence[3].


Votre marmaille n’est donc pas à l’abri de développer des habitudes ou des comportements inadéquats, mais en y étant sensibilisé, comme parent, vous pouvez anticiper leurs changements et agir.


Votre poids et vous


La première forme de prévention est reliée à vous, puisque votre conception de l’alimentation et de votre image corporelle risque de déteindre sur vos enfants. Parlez-vous trop de poids ? Personnellement, je ne croyais pas le faire tant que cela, mais j’ai réalisé, grâce à un petit questionnaire en ligne, que j’avais tendance à commenter souvent mon poids… et celui des autres !


Ce genre de remarques commence tôt. Chaque jeune enfant, un jour ou l’autre, finit par s’exclamer ainsi devant une personne particulièrement corpulente : « Elle est grosse, la madame ! » Gêné, le parent s’excuse à la personne en question et réprimande son enfant en lui indiquant qu’on ne dit pas cela. Toutefois, nous n’avons pas nécessairement appris à porter attention à d’autres types de commentaires plus insidieux, du genre : « Elle ne devrait pas porter des pantalons moulants… », « Tu es chanceuse, tu peux manger sans grossir… », « Je fais du sport pour me permettre de petites gâteries… », « Je ne dois pas manger trop de gâteaux, ça me va tout de suite dans les hanches ! », « Wow, j’ai perdu deux livres cette semaine ! », etc.


Or, ces messages ponctuent régulièrement bien des conversations. Ainsi, quand vous parlez de votre apparence ou de celle des autres, que ce soit pour insinuer que la personne devrait perdre du poids, ou encore que vous enviez sa minceur, quand vous dites que vous faites du sport simplement pour garder la ligne, vous véhiculez le même message : « Il est important d’être mince, et on doit faire tous les efforts requis pour l’être et le demeurer. »


Vous souhaitez vérifier la teneur de vos paroles ? Essayez ce jeu-questionnaire (disponible en version pour femme, homme et jeune). Il ne vous prendra que deux ou trois minutes.

Test « Parlez-vous trop de poids ? »

lepoidssanscommentaire.ca/test-parlez-vous-trop-de-poids/

 

Personnellement, je réalise que j’échappe, devant mes enfants, des phrases du genre : « Je fais du sport pour manger plus de chips ! » ou je dis souvent en blaguant : « Si je perds deux kilos, je vais avoir un corps parfait ! » Pourtant, j’aime sincèrement faire du sport (et j’en ferais même si cela n’avait pas d’impact sur mon poids).


Qu’en comprennent mes filles ? Honnêtement, je ne sais pas trop, et j’aurai probablement la réponse « officielle » quand elles seront adultes et seules responsables de leurs choix alimentaires et sportifs. Il sera alors trop tard pour rectifier le tir, si je les ai « traumatisées » d’une manière ou d’une autre.


Ainsi, être un modèle pour nos enfants implique de remettre en question sincèrement notre perception de notre image corporelle. Or, « 56 % des femmes ayant un poids santé selon leur indice de masse corporelle veulent perdre du poids[4] ». Ajoutons à cela celles qui présentent un surpoids et veulent maigrir, et vous constatez que 112 % des femmes désirent modifier leur apparence ! Je blague un peu, mais il me semble que très peu de femmes se trouvent belles (ou du moins s’acceptent telles qu’elles sont) ET ne souhaitent aucunement altérer leurs formes ou une partie de leur corps. En fait, je me demande si j’ai déjà croisé une telle femme dans ma vie ! Et pourtant, j’enseigne essentiellement à des femmes depuis 10 ans, en éducation à l’enfance, et mes collègues ne sont pratiquement que des femmes. J’aurais donc dû rencontrer cette perle rare un jour ou l’autre…


Cette pression constante qui nous vient de la société et que nous perpétuons dans notre esprit apparaît bien souvent lourde à porter. La solution passe par chacune de nous, face à nous-même d’abord et avant tout, puis face à nos enfants.


Se nourrir : un plaisir et non une corvée !


Il va sans dire que « bien manger » est la manière la plus aisée de maintenir un poids santé. Vos commentaires devraient donc laisser croire aux enfants que les légumes sont tout aussi bons que la crème glacée ! Sans blague, l’insistance et les batailles pour que les enfants mangent leur brocoli ont peut-être un effet contraire à celui souhaité : l’enfant comprend que l’aliment est mauvais (du moins, au goût) et que même les adultes se forcent pour en manger. Pourtant, il y a tellement d’aliments succulents et santé ! Soyez stratégique et favorisez ceux que votre enfant est susceptible d’aimer, et élargissez petit à petit ses horizons, sans trop de pression.


Mes enfants ne sont plus difficiles au plan alimentaire, mais elles l’ont déjà été quand elles étaient petites. J’utilisais alors une stratégie de gestion qui a bien fonctionné pour les inciter à manger des légumes. Une fois par semaine, elles avaient le droit de substituer un repas par un bol de céréales. Donc, si elles n’aimaient vraiment pas un aliment ou un repas dans son ensemble, elles choisissaient de ne pas le manger. Toutefois, elles y réfléchissaient à deux fois avant d’opter pour le bol de céréales, car ce privilège ne pouvait être réclamé qu’une seule fois par semaine (du vendredi au vendredi). Donc, si le samedi, leur assiette était composée d’un légume qu’elles aimaient moyennement, elles avaient tendance à le manger quand même pour garder leur repas de céréales pour un peu plus tard dans la semaine, au cas où le menu leur semblerait encore moins appétissant. Je leur permettais aussi d’avoir un aliment « interdit », c’est-à-dire un seul aliment qu’elles ne mangeaient jamais. Elles devaient le choisir avec soin. Par exemple, mon aînée pouvait refuser tous les champignons sans pénalité. L’aliment en question pouvait être modifié une fois par mois. Un peu particulier comme méthode, vous me direz, mais cela fonctionne, car l’enfant se sent davantage maître de son alimentation, tout en développant de l’ouverture à certains aliments moins séduisants pour lui. Ainsi, elles ont pris (sans que je les force, mais en faisant des choix) l’habitude de manger de tout.


En outre, n’obligez pas les enfants à manger plus que nécessaire. Très jeunes, ils reconnaissent très bien leurs signaux de faim et de satiété, mais cette habileté se perd à coup de : « Finis ton assiette si tu veux du dessert ! » Il est normal qu’un enfant se garde de la place pour les petites douceurs. Tant qu’il a mangé d’un peu de tout dans son plat principal, laissez-le savourer aussi son dessert. Cela dit, en toute logique, la grosseur de celui-ci pourra être proportionnelle à la quantité du repas ingurgité.


Qu’il s’agisse de gâteries sucrées ou de malbouffe, permettez aux enfants (et à vous !) une dégustation en toute modération. Les interdictions, privations et régimes envoient un message négatif quant au poids et à l’image corporelle, en plus de ne pas constituer des stratégies efficaces à long terme.


Activité physique : pour le plaisir de bouger !


Il est conseillé de pratiquer une activité physique au moins trois fois par semaine. Cela dit, cette pratique devrait avoir pour but de maintenir votre santé globale, et non seulement de perdre des kilos ! Si vous vous rendez à la salle d’entraînement comme si vous vous dirigiez à un enterrement, vos enfants ne seront guère convaincus des côtés positifs du sport ! Partagez avec eux le plaisir que suscite en vous l’exercice physique, et changez d’activité si vous la pratiquez à contrecœur, simplement pour perdre des calories.

 

S’aimer soi-même, s’accepter !


Voilà probablement le plus important des défis : aimer l’image que vous reflète le miroir ! Ce n’est pas aisé, je sais, mais concentrez-vous sur ce que vous appréciez de votre corps. Dites-le à vos enfants, et émettez des commentaires positifs, tout haut, à l’égard de votre apparence. Vous en avez le droit ! Si vous êtes mal à l’aise de le faire, ajoutez une touche d’humour à vos propos. Le message passera tout de même ! Évidemment, ne commentez pas seulement votre moi extérieur, mais formulez aussi des messages élogieux à l’égard de votre personnalité. Vos enfants côtoieront ainsi une personne qui s’apprécie à sa juste valeur ! N’est-ce pas ce que nous espérons pour nos petits ?


Bref, développer de saines habitudes alimentaires et physiques ainsi qu’une image corporelle positive passe par plusieurs petits gestes, mais aussi par une prise de conscience de ce que, comme parent, nous transmettons à nos enfants. Il n’est jamais trop tard pour agir et véhiculer des messages adéquats, pour le plus grand bénéfice de nos enfants, mais aussi de nous-mêmes.

 

 

__________________________


Anik Routhier
Maman et enseignante en éducation à l’enfance

 

 


RESSOURCES QUÉBÉCOISES POUR LES FAMILLES
SUR LES TROUBLES ALIMENTAIRES 


Parfois, des comportements alimentaires inadéquats se transforment en réel trouble alimentaire : anorexie, boulimie... Si vous craignez que votre enfant en souffre, voici quelques sites offrant du soutien, à la fois aux jeunes et aux parents.

  • Anorexie et boulimie Québec – Site ado

anebados.com

  • Développer une image positive de son corps – Tel-Jeunes

teljeunes.com/Tel-jeunes/Tous-les-themes/Bien-etre/Developper-une-image-positive-de-ton-corps

  • Les troubles alimentaires – Jeunesse, j’écoute

jeunessejecoute.ca/information/troubles-alimentaires/

  • Les troubles alimentaires : pistes de réflexion – Ligne Parents
    ligneparents.com

  • Les troubles alimentaires – AQPAMM (Association québécoise des parents et amis de la personne atteinte de maladie mentale)

aqpamm.ca/les-troubles-alimentaires/



[1] « Dépister les troubles alimentaires chez l’enfant » à Canal Vie, [canalvie.com/famille/education-et-comportement/trouble-alimentaire-enfant-1.1188685] (Page consultée le 15 janvier 2019).

 

[2] « Troubles alimentaires et image corporelle », dans Les trésors en éducation spécialisée, [educationspecialisee.ca/troubles-alimentaires/] (Page consultée le 15 janvier 2019).

 

[3] « Information », dans Je signe en ligne, [jesigneenligne.com/fr/informations.php] (Page consultée le 15 janvier 2019).

 

[4] « Information », dans Je signe en ligne, [jesigneenligne.com/fr/informations.php] (Page consultée le 15 janvier 2019).







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