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| Édition Février-Mars 2010 |
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Ce mois-ci :
AU PARADIS DE LA RELÂCHE
14 variations sur le thème de la relâche
LE SOMMEIL… ET LA RÉUSSITE SCOLAIRE!
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le lundi 8 février 2010 | 10:35 |
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par Steve Proulx |
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Doit-on séparer garçons et filles à l’école ? |
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En septembre 2002, l’École Secondaire Vaudreuil a décidé de séparer les garçons et les filles dans certaines classes. Bien qu’on le croyait mort et enterré, le débat sur la mixité dans les établissements scolaires a repris de plus belle. D’un côté, il y a ceux qui croient que de séparer les garçons et les filles constitue un formidable bond en arrière, un retour à l’époque d’avant la réforme scolaire des années 60. De l’autre, on pense plutôt que c’est un bon moyen d’aider les garçons, dont le taux de réussite scolaire a chuté depuis quelques années.
Diviser pour mieux éduquer
Selon le directeur de l’École Secondaire Vaudreuil, Réal Beauchamp, c’est le désir d’entamer une réflexion active sur la situation des garçons en milieu scolaire qui a poussé son établissement à faire l’essai de groupes homogènes : « On constate depuis longtemps que le taux d’échec et de décrochage est plus élevé chez les garçons que chez les filles. Étant dans le monde de l’éducation, on peut rester spectateur pendant un certain temps et regarder les choses aller, mais à un moment donné, il faut agir. J’ai donc suggéré de faire une expérience où l’on séparerait quelques groupes ». Ce « banc d’essai », à l’École Secondaire Vaudreuil, ne porte que sur 16 groupes (huit groupes de garçons, huit de filles), mais on prévoit en augmenter le nombre si les résultats sont concluants.
Modifier les approches pédagogiques
Mais la séparation des sexes n’est pas le seul changement apporté, les méthodes pédagogiques ont aussi été adaptées en fonction de chaque groupe-sexe. Plusieurs études le prouvent : les garçons et les filles assimilent la matière différemment. Si les filles n’ont pas de problèmes avec les notions plus abstraites, il semblerait que les garçons comprennent davantage la matière lorsqu’elle porte sur des faits concrets. « C’est le même programme pour tous les groupes, ajoute M. Beauchamp, c’est la forme d’enrichissement et la façon de présenter la matière qui changent. Avec les professeurs, nous voulons tester différentes façons de transmettre le contenu des cours afin d’aller chercher la motivation des garçons. En mathématiques, c’est assez facile : les professeurs doivent amener les garçons à s’interroger sur des problématiques réalistes; le jeune doit comprendre que cette opération mathématique règle un problème qui apparaît évident. En contrepartie, les filles ne se poseront pas ce genre de questions. Le professeur peut leur donner un paquet de problèmes et elles vont s’attaquer directement à la résolution, sans s’acharner sur la pertinence de la démarche ». Selon M. Beauchamp, les garçons seraient aussi, en général, plus brouillons et auraient plus de difficultés à remettre leurs travaux à temps. Le professeur doit donc en tenir compte dans son évaluation. « Tout ça amène le prof à être beaucoup plus près de ses élèves, à avoir une dynamique de classe plus rythmée, à organiser plus d’activités et à mettre en place davantage de formes de bonifications pour les gars », ajoute Réal Beauchamp.
Bien qu’il soit encore trop tôt pour brosser un bilan complet des résultats de cette expérience, M. Beauchamp remarque tout de même que des améliorations se font sentir : « La moyenne a augmenté sensiblement autant chez les garçons que chez les filles ».
D’autres solutions...
Malgré son bien-fondé, la séparation des garçons et des filles au secondaire ne fait pas l’unanimité. On préférerait des solutions moins radicales telles que l’amélioration des manuels scolaires et l’imposition d’un code vestimentaire à l’école. On aimerait aussi que notre système d’éducation tienne compte des jeunes présentant des troubles de l’apprentissage.
Psychologue à la Commission scolaire Les Patriotes, Danielle Fortier pense que de mettre des clôtures entre les garçons et les filles n’est pas la meilleure solution pour aider les garçons à réussir à l’école : « Je travaille beaucoup avec des jeunes en difficulté et l’on essaie de les faire négocier avec le vrai monde. Si on commence à mettre des clôtures à l’école entre les garçons et les filles, il faudra se rendre à l’évidence : ce n’est pas dans ce monde-là qu’on vit ». Mme Fortier avance d’autres solutions afin de régler le problème : « Peut-être qu’il faudrait que les manuels ne soient pas écrits que par des femmes... Dans les textes, il faudrait peut-être se pencher sur des approches plus concrètes et pragmatiques plutôt que de rester dans l’abstrait et le verbal ».
Revenir à l’uniforme ?
Même si le sujet est tabou, il faut quand même noter qu’une des raisons sous-jacentes à la séparation des garçons et des filles au secondaire vient d’une réalité tangible : les adolescents sont à l’âge où ils découvrent leur sexualité et les filles, dans leur habillement, ne laissent souvent que peu de place à l’imagination ! Selon Mme Fortier, l’habillement des jeunes filles constitue un problème à régler afin que les relations entre garçons et filles restent dans un cadre plus « scolaire »... Séparer les sexes, plutôt que de régler réellement les problèmes de code vestimentaire à l’école, semble être une solution trop facile, selon Mme Fortier : « Qu’est-ce qui est plus facile ? Ségrégationner les garçons et les filles ou bien dire aux filles de s’habiller et d’observer un code vestimentaire ? Selon moi, il est beaucoup plus simple de mettre toutes les filles dans une même classe et de leur dire de s’habiller comme elles l’entendent... » Pour la psychologue, l’accoutrement, plus sexy que jamais chez les jeunes filles, est d’ailleurs un assez gros problème. Elle note le manque de responsabilité des parents dans les choix de consommation, et donc dans le look vestimentaire, de leurs ados : « Je pense que les parents ne sont pas assez vigilants par rapport à ce que leurs enfants consomment comme images, comme valeurs et comme modèles. Les petites filles achètent ces modèles-là (Britney Spears ou Christina Aguilera) et achètent aussi le costume... Malheureusement, ces « vedettes » véhiculent une image très pauvre de la femme ».
Donner la chance au coureur
Afin d’augmenter le taux de réussite scolaire chez les garçons, Mme Fortier pense aussi qu’il serait pertinent de changer la notion même de réussite scolaire : « Le problème, c’est qu’on met l’accent plus que jamais sur le résultat. Si le jeune n’a pas 60 %, il ne passe pas son secondaire. Et s’il n’a pas de 5e secondaire, il n’est rien dans la vie... Le fait est que ce n’est pas tout le monde qui est capable de terminer son 5e secondaire. Aujourd’hui, on a carrément laissé tomber les programmes vocationnels, les programmes professionnels courts et longs, etc. Les troubles de l’apprentissage sont un grave obstacle à l’obtention d’un diplôme, mais ça ne veut pas dire que la personne est bonne à rien ! Il faut donner la chance à ceux qui ont des difficultés. On pourrait réajuster les exigences afin de permettre à ceux qui ont une bonne intelligence manuelle et mécanique de montrer leurs compétences et d’aller gagner leur vie avec ce qu’ils ont, plutôt que de mettre l’emphase sur ce qu’ils n’ont pas... »
Une chose est sûre, la question entourant la séparation des garçons et des filles au secondaire n’a pas fini de faire couler de l’encre ! À savoir si le retour des classes homogènes est la meilleure solution... l’avenir nous le dira ! Mais ce nouveau débat a au moins le mérite de pousser le monde de l’éducation à réagir de façon concrète face à la réussite scolaire jeunes.
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