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| Édition La rentrée scolaire 2010 |
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Ce mois-ci :
ÉDUCATION
Du primaire au secondaire,
parents et élèves font la paire!
SOCIÉTÉ
Des garçons plus forts…
que les stéréotypes
RÉPERTOIRE
Des activités
parascolaires
ÉDUCATION
Retour à l’école…
Trucs et astuces pour
les devoirs et les leçons
[ archives ]
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Oh!Bébé 2010
EN ROUTE POUR LA MATERNITÉ?
Ce que vous devez savoir avant l’accouchement
L’ANGOISSE DE LA SÉPARATION OU LA CRISE DES 8 MOIS:
un passage vers l’autonomie
LA DOULEUR DE L'ACCOUCHEMENT,
une bonne messagère
On te prépare un petit frère
OU COMMENT GÉRER LA RIVALITÉ FRATERNELLE
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le vendredi 10 septembre 2010 | 02:51 |
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par Marie-Hélène Proulx |
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Le ballet, du labeur à la grâce |
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Tout commence par un rêve
Dans la plupart des cas, l'aventure commence par un rêve et quelques pas de danse esquissés après un spectacle de ballet ou une présentation à la télévision. « Les plus jeunes cherchent dans la danse la fantaisie, un monde fantastique. Pour eux, la danse, c'est comme un conte de fées en mouvement », explique Yamandu Delgado, directeur pédagogique du Ballet Divertimento. Avec un peu de chance, ils sont surpris dans leur élan par des parents attentifs, à la recherche d'une activité pour faire bouger leurs petits...
Pour me parler de cette passion, je rencontre Ève, Jade, Gabriella, Célia, Catherine et Katerine, les ballerines âgées de 10 à 14 ans de L'Académie de danse classique de Lachine. Bien sûr, quelques-unes, comme Ève, qui a commencé à l'âge de trois ans, ont un peu oublié comment elles en sont arrivées là, mais une chose est certaine : pour chacune d'entre elles, la fierté associée à leurs premières présentations devant leurs proches est tangible. Certaines poussent l'ambition jusqu'à aller d'audition en audition. D'autres, toutefois, se fixent des défis plus personnels : « Quand Célia a commencé, à 5 ans, son rêve était de faire des pointes. L'an prochain, elle devrait commencer, parce qu'il faut avoir des orteils forts pour y arriver. Il y a beaucoup de choses à faire avant », mentionne sa mère Lise.
Un mode d'expression... très pointu
En effet, avant huit ou neuf ans, il est même périlleux pour les élèves d'essayer de faire des pointes, et bien d'autres pas de danse et de réchauffement ne devraient être intégrés que graduellement. Les enfants sont donc invités à s'inscrire plutôt à des activités de danse créative ou de préballet. Pour garder l'attention des plus jeunes, les professeurs doivent faire appel à l'imagination des enfants, mais à la leur aussi! « On dit que les enfants ont beaucoup d'imagination, c'est vrai, mais ce n'est pas toujours exact. Si l’on ne leur donne pas de consignes ou de stimuli, ils refont toujours la même chose, mais ils sont plus ouverts que les adultes aux expériences, ce qui leur permet d'apprendre et d'inventer », explique Monique Goyer, du Conservatoire de danse de Montréal. À l'Académie de danse d'Outremont, par exemple, on intègre parfois des rubans, des foulards, des cerceaux, des ballons, un trampoline, mais le principal outil demeure le langage et la communication, qui permet de faire appel au monde intérieur : « Les enfants sont tellement spontanés : on peut donner aux enfants des images, leur faire imaginer une couleur, une odeur, ou encore un sentiment comme la peur, la joie, la surprise, pour aller chercher plus de précision ou une qualité de mouvement », explique Irène Galesso, codirectrice de cette école.
Après les jeunes années, les exercices sous forme de jeux et les improvisations font place à plus d'exercices et à une valorisation de la concentration et de la technique. Mais même à ce niveau, la référence à l'imaginaire peut aussi contribuer à la compréhension de mouvements plus techniques : « Quand on ne dit plus simplement aux enfants de sauter haut, mais bien de sauter comme Spiderman, le saut en ressort transformé », a pu constater monsieur Simonot, du Ballet Métropolitain de Montréal. « La seule façon de faire apprendre à un élève, c'est de passer par l'imagination : il faut qu'il puisse comprendre comment le mouvement passe à l'intérieur de soi » explique monsieur Delgado.
Bien sûr, les enfants acquièrent de la fierté quand on les félicite ou quand on leur fait remarquer qu'ils sont prêts à passer à un autre grade, mais, en travaillant cette sensibilité propre à leur art, les enfants peuvent finir par prendre conscience de la grâce d'un mouvement, comme l'exprime Katerine : « Quand ma jambe est en dehors ou non de ce qu'elle devrait être, je le sais, je peux le sentir ». Alexandrine, une jeune ballerine de l'École supérieure de ballet contemporain réalise aussi que le fait de comprendre les personnages à qui elle donne vie sur scène fait d'elle une meilleure interprète : « Quand on connaît l'histoire derrière une danse, ça va mieux parce qu'on peut mettre plus d'expressions qui vont avec. »
Cependant, d'après monsieur Simonot, « ce qu'ils trouvent beau, c'est ce qu’ils connaissent et qu'ils ont appris à maîtriser » et, à force d'investir leur sensibilité dans les mouvements qu'on leur impose, les enfants se forgent peu à peu leur sens esthétique : « Nous essayons de faire comprendre aux élèves ce que le classicisme veut dire. Le jugement esthétique du danseur se bâtit à travers ça, mais c'est habituellement quand un élève ressent une harmonie dans son état d'âme qu'il a un sentiment de beauté » précise aussi monsieur Delgado.
Les professeurs sont également conscients de l'importance de la musique, et notamment d'un bon instrumentiste, pour contribuer à cette harmonie des ballerines dans l'espace. « La musique est importante parce qu'elle permet de refléter les émotions du cours. Le pianiste est alors plus attentif à ce qui passe dans le moment présent que ne le sera jamais un enregistrement. Voilà pourquoi j'ai un pianiste. Son travail fait partie du nôtre et de l'éducation de la danse. On peut aussi demander aux enfants de décrire la musique, surtout dans les impros », souligne Linda Marchand, de l'Académie de danse classique de Lachine. Pourtant, à force d'intégrer de nouvelles normes de beauté, certaines jeunes élèves se sentent un peu maladroites lorsqu'il n'y a plus personne pour les guider : « Inventer, c'est amusant, mais, en même temps, c'est difficile; on a appris plein de choses à la fin de l'année, mais on ne sait pas quoi mettre avec quoi », explique Jade. Toutefois, bien des professeurs regrettent qu'entre les réchauffements, les étirements et les préparations de spectacles, il ne reste parfois que trop peu de temps aux danseuses un peu plus avancées pour ces explorations improvisées qui contribuent à sonder les aptitudes et les limites de chacune, mais aussi la liberté dans leurs mouvements qui, elle, aide à explorer la capacité du corps. « L'improvisation permet parfois de vivre des moments merveilleux. Certains enfants sont moins doués pour la coordination, mais ce sont mes meilleurs improvisateurs. Je me souviens, entre autres, d'une petite fille qui devait toujours travailler plus fort que les autres. Un jour, elle a fait une improvisation avec un foulard et elle paraissait transformée. Nous avions enfin permis à l'artiste en elle de s'exprimer pleinement et nous en avons presque pleuré de joie. Ensuite, son impro a été intégrée au spectacle de fin d'année », se souvient madame Goyer.
Pourtant, à mesure que les enfants prennent de l'assurance et de la technique, et qu'en plus ils ont la chance de rencontrer des chorégraphes sensibles, l’occasion de se faire entendre au moment de la création est plus fréquente, comme ce fut le cas d'Alexandrine, qui préparait justement une chorégraphie pour une compétition lorsque je l'ai rencontrée : « On cherchait un mouvement qui allait bien sur les comptes, alors je donnais des idées. Le prof les arrange ou il fait autre chose. »
Après le rêve, la discipline
Mais une fois les idées rassemblées, les jeunes danseurs qui rêvent d'évoluer jusqu'à la scène doivent apprendre à dépasser le stade de l'émotion. « La danse est beaucoup plus naturelle pour l'être humain que la science ou que bien d'autres activités intellectuelles. Les primitifs dansaient et les enfants dansent, mais, une fois à l'école, les enfants doivent apprendre que la danse est aussi un travail », remarque monsieur Delgado. « La différence entre danser dans sa chambre et danser en classe, c'est qu'il faut recommencer 1000 fois le même mouvement », renchérit madame Goyer. Ceux qui persistent doivent alors se plier à un certain nombre de pas établis qui font partie du répertoire classique du ballet et dont le raffinement des gestes n'a plus grand-chose à voir avec les mouvements de la vie quotidienne. « Le danseur est un athlète qui doit rajouter de l'expression à ce qu'il fait. [...] Danser, c'est comme jouer des notes avec notre corps. Le danseur doit être très attentif à son corps, c'est son seul instrument », affirme Fabrice Maufrais, directeur artistique de l'École supérieure de ballet contemporain.
Avant chaque cours, l'enfant doit arriver prête avec son costume et son chignon, si c'est une fille, ensuite, la discipline du corps commence. La jeune Jade, qui a commencé cette année, trouve difficile d'apprendre de nouveaux pas, mais aime avoir l'occasion de rendre son travail « le plus près du parfait possible ». « Il y a toujours des mouvements que je dois faire mieux et à la fin du cours, ça fait mal parce qu'on a forcé, pour pointer, admettons », souligne aussi Catherine. Plusieurs d'entre elles mentionnent que leur double vie d'écolière et de ballerine les fatigue. « En revenant d'un cours de danse, on se sent très fatiguée parce qu'on travaille très fort » explique la petite Gabriella. Mais selon madame Goyer, la danse, même si elle n'est pas libre, n'en demeure pas moins formatrice : « Ça donne un environnement pour s'exprimer et prendre de la confiance en soi, vaincre des obstacles et recevoir l'approbation de l'adulte. L'accomplissement est le meilleur avoir en ce monde. » Les défis et les difficultés amènent souvent des moments de lassitude, qui font partie, selon plusieurs professeurs, du cycle normal de l'apprentissage et à l’occasion desquels les parents très présents ont une bonne occasion d'apprendre l'assiduité à leurs enfants.
Les jeunes ballerines de Lachine portent aussi une attention toute particulière à l'importance d'être bien concentrées, de se centrer sur soi et de bien se représenter l'espace afin de l'occuper le mieux possible. Elles me parlent du professeur idéal comme étant celui ou celle qui les pousse à aller de l'avant. Il faut dire que les élèves sont formées et évaluées sur une multitude d'aspects dont la force, l'endurance, la flexibilité, la latéralité, la coordination, la concentration, la conscience de soi, la posture, l'écoute musicale, la notion d'espace, le côté social et parfois même la santé, dans les écoles professionnelles. Toutefois, dans ce merveilleux monde de la danse, la confiance, parfois sans limites, dans les compétences de l'adulte et la détermination, bien qu’étant cependant une grande force,… peuvent avoir leur revers : leur perfectionnisme peut aussi en faire des êtres fragiles : « Certains commentaires que des professeurs m'ont faits à moi et à mes amis sur leur corps et leur performance nous ont hantés pour le reste de nos jours. C'est important de réaliser la vulnérabilité des êtres qui nous sont confiés », rappelle madame Marchand.
Démocratiser la danse ou viser l'excellence?
Les professeurs doivent savoir négocier avec une diversité de rêves, de corps et d'aptitudes, d'autant plus que plusieurs écoles de danse-loisir se donnent avant tout comme vocation de rendre accessible un art trop longtemps réservé à une élite : « On donne la chance à ceux qui n'ont pas le corps parfait, mais le cœur à l'ouvrage. [...] Depuis la popularisation de la danse contemporaine, les normes esthétiques concernant les corps des danseurs professionnels sont devenues moins sévères », mentionne Monique Goyer. L'importance de cette détermination au travail et de la sensibilité est aussi mise de l'avant dans l'enseignement de madame Marchand. « Certains élèves semblent avoir un corps plus naturellement fait pour la danse, mais je préfère croire que chaque élève a une force à lui et qu'il faut savoir la chercher. Même parmi ceux qui semblent moins faits pour le ballet, on en trouve dont la passion suffit à donner vie à un spectacle. Travailler sans cette passion, c'est encore plus difficile que d'affronter les difficultés techniques et les problèmes de coordination. »
Alexis Simonot, dont l'école de danse est consacrée à la danse-loisir et aux stages de formation pour les professionnels, croit aussi que son travail consiste à aider les enfants, même les moins doués, à les faire gagner en souplesse ou en musicalité. Toutefois, il croit aussi de son devoir d'indiquer aux enfants leurs limites, et parfois aussi aux parents, qui sont prêts à investir beaucoup pour que leurs enfants atteignent un certain niveau d'excellence. Pour être admis à l'École supérieure de ballet contemporain par exemple, les enfants, qui vienent de partout au Canada, doivent passer une audition et effectuer un stage d'été avant d'être peut-être admis à l'école. Outre les performances en danse et l'évolution du corps, les résultats scolaires font également l'objet d'un suivi. « Comme pour d'autres athlètes, les danseurs vivent souvent le sommet de leur carrière dans la vingtaine et la trentaine et doivent ensuite passer à autre chose. Pour atteindre ces objectifs dans ce milieu compétitif, la formation peut donc difficilement commencer après 12-13 ans. Certains enfants peuvent même entamer leur formation professionnelle dès l'âge de huit ans », mentionne monsieur Maufrais. Les enfants les plus doués, comme Alexandrine, y sont aussi déjà davantage poussés que les autres et préparés pour des compétitions.
Bien que les exigences soient moins élevées dans un programme de loisir qu'une formation professionnelle, l’égalité des chances n’est pas garantie pour autant. Par exemple même dans les programmes de danse-loisir, les enfants souffrant d'embonpoint ont moins souvent la chance d'être encouragés à persister, à cause des risques de blessures, et les plus doués peuvent être, au contraire, encouragés à se joindre à des programmes de danse, d'études ou de formation professionnelle. De plus petites classes, des commentaires plus ciblés et la rigueur du professeur peuvent aussi contribuer à ce que l'inégalité et la rivalité ne fassent pas trop de ravages, surtout à l'adolescence. Dans ce contexte, de belles complicités peuvent même se tisser : « Mes meilleures amies de danse d'aujourd'hui sont mes compagnes de danse de l'enfance », assure Linda Marchand.
Grandir et s'accepter dans la danse
Les danseurs et les danseuses qui ont choisi le parcours professionnel sont aussi à la merci de la transformation de leur corps, qui peut parfois être fatale pour leur jeune carrière. Ils doivent être prêts à vivre ces transformations en se voyant devant de grands miroirs. Bien des professeurs remarquent que les jeunes filles, à l'arrivée de la puberté, ont aussi tendance à manifester quelques pudeurs et quelques maladresses devant leur corps qui se transforme.
Les professeurs remarquent souvent que c'est hors de la classe, dans la société en général et surtout la famille, que les jugements peuvent se faire plus sévères et plus déterminants, ce que déplore madame Goyer, qui a remarqué le dynamisme concret et ludique propre aux garçons dans ses cours de danse, dès leur plus jeune âge : « On essaie de favoriser ça, c'est tellement charmant, c'est plus viril ». Résultat? Les garçons ont plutôt tendance à se tourner vers le hip-hop, alors que, selon les professeurs et les élèves, il est beaucoup plus facile de passer d'un répertoire classique au hip-hop que l'inverse : « La danse classique est plus structurée, elle apprend à tenir compte de la longueur des bras, des jambes. C'est une formation qui mène partout et même pour les spectacles professionnels de Music-Hall du Casino, de Hip-Hop ou encore de Salsa, c'est souvent à des danseurs de formation classique que l'on fait appel », constate monsieur Simonot.
Mais selon monsieur Maufrais, une fois dans les cours, le travail des garçons est très valorisé. De plus, le fait d'être situé dans une métropole multiculturelle permet quand même de relativiser un peu cette problématique liée aux stéréotypes et au manque de garçons dans les classes : « Dans les familles russes et dans bien d'autres cultures non québécoises, la danse est beaucoup plus poussée pour les garçons. » Il est d'ailleurs remarquable, à ce sujet, que cette opinion soit partagée par les trois hommes qui ont accepté de me rencontrer en entrevue et qui, tous les trois, ont eu leur formation à l'étranger.
Comment choisir?
Mais qu'il s'agisse de garçons ou de filles, les parents manifestent souvent quelques inquiétudes à laisser leurs enfants dans une école qu'ils ne connaissent pas, alors qu'ils n'ont souvent que peu de connaissances pour évaluer sa qualité. Pourtant, l'intérêt des parents pour la danse grandit souvent en même temps que celui des enfants. « On a appris la danse en même temps que ma fille. Honnêtement, avant que Célia fasse du ballet, je détestais ça. Puis, quand elle a commencé à en faire, je venais, j'épiais à travers la porte et j'ai commencé à trouver ça le fun en voyant le travail qui se faisait. Les élèves et les professeurs sont tellement engagés dans ce qu'ils font pour réaliser quelque chose de beau! Aujourd'hui, j'aime ça », se rappelle Lise.
Et ce ne sont pas les écoles qui manquent. Cependant, il demeure important d'être vigilant dans le choix d'une école de ballet puisque, pour le moment, aucun règlement n'empêche qui que ce soit d’ouvrir une école de ballet. La plupart des professeurs rencontrés parlent de l'importance d’une approche plus globale, en accord avec la sensibilité de l'enfant « Le ballet est aussi physique que mental. Les élèves doivent aimer le professeur, le respecter et lui faire confiance pour bénéficier au maximum de son enseignement », explique monsieur Simonot. Une bonne connaissance du corps n'est pas négligeable non plus parce qu'un enseignement qui ne tient pas compte de l'anatomie et de son évolution peut avoir de graves conséquences sur le développement. Certaines écoles offrent aussi la possibilité aux élèves d'évaluer leur performance devant un jury neutre, et d'obtenir ainsi une reconnaissance de leur niveau de compétence reconnue internationalement, notamment avec les examinateurs de la Société Cecchetti.
Plusieurs écoles, même celles qui se consacrent à la danse comme loisir, peuvent offrir une formation de qualité. Pour trouver la bonne école, on peut inscrire les enfants aux classes d'essai et poser des questions à la réceptionniste, à l'enfant, mais aussi au professeur, sur ses valeurs et ses années d'enseignement. D'autre part, si l'enfant n'a pas le coup de foudre après quelques rencontres, il faut éviter d'en conclure qu'il n'est pas fait pour la danse, conseillent les professeurs; peut-être est-il seulement dans une école qui ne lui convient pas.
En cours de route, si l'enfant développe une véritable passion, le parent doit également se questionner sur son propre désir d'implication à long terme et sur celui d'appuyer son enfant, tant sur le plan pratique que psychologique, pour éviter les rêves brisés : « Plus l'enfant vieillit, plus il s'impose de rigueur et plus son implication dans la danse devient exigeante. Cela est vrai pour le parent aussi. C'est souvent à ce moment que les limites de temps ou de budget peuvent commencer à causer des déceptions », réalise madame Goyer. De plus, les jeunes qui s'inscrivent à un programme de danse-études au secondaire feront différents types de danse, à raison de 6 à 8 heures par semaine, alors qu'à l'École supérieure de ballet contemporain, ils y consacrent jusqu'à la moitié de la journée. Devant un tel investissement, certains parents s'inquiètent pour l'avenir de leurs enfants; mais, même dans les programmes professionnels ou de danse-études, l'école s'assure d'offrir une solide formation, ou de permettre à l’enfant de se réorienter s'il le désire.
Une telle ouverture sur l'imprévu et une formation plus globale sont d'ailleurs des éléments incontournables de l'apprentissage, même pour ceux chez qui la passion de la danse est bien ancrée. Ces le cas d'Alexis Simonot qui, à cause de sa vocation « tardive » (17 ans), s'était préparé à l'idée de devoir parcourir le monde à la recherche de contrats et d'affronter les chorégraphes les plus difficiles pour réaliser son rêve. Il a dû cependant effectuer un revirement encore plus rapide après une blessure au genou, dans la vingtaine, et faire appel à son leadership naturel et ses talents d'organisateur en ouvrant sa propre école : « J'ai toujours su que j'enseignerais un jour, mais je n'ai jamais prévu que ce serait si tôt, mais finalement, je ne regrette rien, je trouve que la possibilité de créer est encore plus vaste lorsqu'on est directeur artistique. »
Pour bien des professeurs, le fait que les élèves s'initient, avec la danse, à une nouvelle forme d'expression avant de passer à autre chose, est loin d'être un échec : « Ce dont je suis la plus fière, ce sont mes élèves qui continuent à danser au cégep, même si elles ne font pas carrière, parce que l'amour de la danse leur est resté », explique madame Marchand. Ainsi, grâce à la danse, les enfants auront au moins appris la discipline, la concentration et les parents... auront continué à bouger!
Merci à :
Fabrice Maufrais, directeur pédagogique de l'École supérieure de ballet contemporain, 514 849-4929, www.esbcm.org et à la jeune ballerine Alexandrine.
Suzan Alexander, directrice générale, et Yamandu Delgado, directeur pédagogique du Ballet Divertimento, 514 285-2157, www.balletdivertimento.com
Monique Goyer, cofondatrice du Conservatoire de danse de Montréal,
514 272-7727, www.cdmtl.org.
Irène Galesso, cofondatrice et codirectrice de l'Académie de danse d'Outremont, 514 276-6060
Linda Marchand, directrice de l’Académie de danse classique de Lachine,
514 695-7475, et ses ballerines Ève, Jade, Gabriella, Célia, Catherine et Katerine et leurs parents Lise et Danielle.
Alexis Simonot, du Ballet Métropolitain de Montréal 514 812-8252
www.balletmetropolitain.com
Pour en savoir plus sur la Société Cecchetti : http://www.cecchetti.ca/
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