Ville de Laval Fin 31 Jan 2018

Être soi-même : pas à pas vers l’intégrité

Être soi-même : pas à pas vers l’intégrité
jeudi 01 septembre, 2016

C’est la rentrée… et qui dit rentrée, dit nouveau groupe. Que ce soit à l’école ou à la garderie, notre enfant rencontrera de nouveaux amis qui auront tôt fait de le jauger… si ce n’est de le juger, que ce soit sur sa manière d’être ou de parler, ses intérêts, ses idées, ses vêtements, alouette! En effet, soyons honnête, le jugement est le propre de la nature humaine, et il commence tôt dans le processus social...

 

Or, le seul jugement qui devrait prévaloir dans la vie est celui que nous portons à l’égard de nous-même. Sommes-nous la personne que nous souhaitons être? Agissons-nous pour nous… ou pour les autres?

 

Si se montrer intègre constitue sûrement le travail d’une vie, les fondations d’une telle attitude ont tout intérêt à être érigées pendant l’enfance, par les gestes et les paroles des parents, certes, mais surtout par le modèle d’intégrité qu’offrent ces derniers à leur progéniture.

 

Nous offrons donc ici une réflexion sur quelques attitudes et actions que nous pouvons mettre en place, en tant que parents, pour que nos enfants puissent bénéficier d’un précieux cadeau : celui de pouvoir être eux-mêmes, et heureux de l’être, peu importe leur personnalité.  Intégrité et indépendance d’esprit sont donc des éléments essentiels…


 


 

Être soi-même : quelques balises


Qu’est-ce qu’être soi-même? Si la définition n’a rien de scientifique, elle paraîtra tout de même sensée. Être soi-même, c’est se définir selon ses propres critères, et non selon l’image que nos parents, notre entourage immédiat et même la société voudraient que nous soyons. Concrètement, cela revient un peu à dire que ce que nous sommes, faisons et pensons correspond à ce que nous jugeons conforme à nos désirs, à nos valeurs, à nos besoins, et ce, sans aucune influence externe indésirable. Ouf! Cela constitue un singulier défi, certes, mais aussi un merveilleux défi!

 

Dans le processus d’acceptation de soi, il est fort probable que l’enfant commence par juger ses manières de faire. Par exemple, il pourra affirmer que son dessin est beau, car il correspond à ses critères personnels d’esthétique. Il pourra juger positivement sa manière de se vêtir ou de se coiffer sans tenir compte des commentaires d’autrui, car son allure lui plaît, tout simplement. Il en viendra un jour à juger sa manière d’être : ses qualités comme ses défauts. En viendra-t-il à s’aimer tel qu’il est, à s’accepter et à se respecter? Cela dépendra essentiellement des moyens et des modèles présents dans le cocon familial.

 

Abandonner les étiquettes


La première astuce, mais non la moindre, pour pousser nos enfants vers l’intégrité est probablement d’éviter les étiquettes. En énonçant verbalement à notre enfant qu’il est comme ceci ou comme cela (que ce soit positif ou négatif), nous forgeons pour lui une image de lui-même, qui correspond à ce que nous percevons de notre enfant, et pas nécessairement à ce qu’il est vraiment. C’est d’ailleurs souvent sans même nous en rendre compte que nous formulons de tels commentaires. Et l’impact d’une phrase anodine peut durer une vie entière. Mieux vaut, dans ce contexte, tenter de parler de l’enfant en mentionnant son comportement observable et non essayer de déduire ce qu’il est en tant qu’être humain. Autrement dit, il est préférable de dire à un enfant que sa chambre est en désordre ou qu’il n’a pas fait le ménage plutôt que de lui dire qu’il est désordonné ou paresseux. Nous le laissons ainsi plus libre de créer sa propre image de lui.

 

Combattre la peur du jugement


Cet élément semble surtout l’apanage des adultes, car cette crainte du jugement tend à se développer avec l’âge. Le simple fait d’être parent peut d’ailleurs susciter en nous cette angoisse, car nombreux sont ceux qui se permettent de juger les méthodes d’éducation des autres. Cela fait d’ailleurs écho à cette amusante citation de John Wilmot : « Avant d’être marié, j’avais six théories sur la façon d’élever les enfants; maintenant j’ai six enfants et pas de théorie. » Le fait est qu’on est facilement jugé et mal perçu par notre entourage, que ce soit face à notre rôle parental ou à d’autres éléments, et si nous craignons cela, nous transmettrons sans nul doute cette même peur à nos enfants. Cela dit, n’oublions pas que notre façon d'être ou de faire sera toujours jugée par quelqu’un, pour la simple et bonne raison que chacun a des critères précis sur ce qui est « bon » ou « mauvais ». Nous ne pouvons pas plaire à tout le monde, alors aussi bien nous plaire à nous-même, puisque nous sommes la seule personne avec laquelle nous aurons toujours à vivre.

 

Faire fi des normes sociales et du conformisme de façon saine


Une autre manière d’être nous-même réside dans la capacité de cerner la différence entre les normes qui sont utiles et celles qui le sont moins. Petits, les enfants ne comprennent justement pas cette distinction, et c’est à nous, en tant que parents, de leur montrer la différence entre ce qui ne se fait pas parce qu’il y aura un impact sur la liberté des autres, et ce qui ne se fait pas parce que nous avons peur d’affronter le jugement d’autrui. Par exemple, si chanter à tue-tête peut être amusant à la maison, chanter debout sur une table au restaurant se fait au préjudice des clients sur les lieux. Cependant, certaines règles méritent d’être contestées. À nous de les définir, selon nos valeurs.

 

Remettre en question le « Ça ne se fait pas! »


Il faut habituer les enfants à conserver leur réflexe du « pourquoi? ».  En effet, pourquoi ne pourraient-ils pas faire telle ou telle chose? Y a-t-il vraiment des raisons valables aux freins et aux tabous que nous dressons pour nous-même et qui nous empêchent peut-être, justement, de demeurer en accord avec nous? Une saine rébellion s’avère parfois appropriée contre les règles établies qui n’ont pas ou plus de raisons d’être. D’ailleurs, les règles strictes sont souvent l’apanage des gens qui manquent tout simplement de créativité. Et si nous pouvions faire autrement? Poser la question amènera son lot de réponses intéressantes.

 

Et nous dans tout cela?


Si certaines règles de société méritent d’être remises en question, il en va de même pour nos règles personnelles. Quelles sont les raisons qui nous poussent, nous et nos enfants, à ne pas agir ou à agir à l’encontre de nos valeurs profondes?

 

Agissons-nous en général parce que les choses ont un sens pour NOUS ou parce qu’elles ont un sens pour les AUTRES? Et si cette deuxième réponse s’applique, adaptons-nous notre comportement parce que nous avons peur de déplaire? Peur d’être jugé? Déjà relativement jeunes, les enfants peuvent ressentir ces inquiétudes, et elles seront d’autant plus importantes si elles sont aussi vécues par les parents. Une mère racontait justement que son garçon de six ans souhaitait mettre du vernis sur ses ongles d’orteils, mais elle et son conjoint ne le souhaitaient pas. Le jeune homme a pourtant trouvé le moyen d’arriver à ses fins. Quand il a pu choisir un objet à l’école dans le bac à surprises, pour quoi a-t-il opté? Du vernis! Malgré les commentaires de ses amis, il a maintenu son choix. Lorsque ses parents lui ont dit qu’ils ne voulaient pas que les autres voient cela, avec l’appréhension qu’on rie de lui, il a même trouvé une solution : il allait mettre des chaussures fermées pour cacher ses orteils, tout simplement.

 

Le fait est que ce garçon s’accepte et n’a pas peur du jugement, ce qui est admirable. Alors comme parent, il importe de nous demander ce que nous voulons encourager : la crainte du jugement ou l’acceptation de nous et de nos intérêts, même si c’est parfois un peu marginal? Souvent, ces comportements qui nous paraissent atypiques ne sont que des lubies passagères, mais la liberté d’être soi est un cadeau qui dure toute la vie. Bien sûr, en étant nous-même, nous nous exposons parfois aux rires ou aux jugements, mais est-ce vraiment grave? 

     

Changer notre manière de vivre


De manière plus large, n’hésitons pas à remettre en question systématiquement nos actions : « Pouvons-nous faire autrement? Sommes-nous en train d’agir en harmonie avec ce que nous sommes vraiment? » Faisons des tests et voyons ce qui est possible, amusons-nous et surtout, arrêtons de nous prendre toujours au sérieux! Par exemple, pourquoi ne pas faire une journée à l’envers? Qui a dit qu’il fallait absolument souper en dernier? Et si nous nous levions en mangeant du dessert, puis en prenant le souper… pour finir par déjeuner à l’heure du souper, une fois ou deux par année ?   

         

Un espace pour exister


Dernière petite astuce : pourquoi ne pas laisser à nos enfants, et à nous-même, un espace pour exister et « être soi »? Évidemment, si nous laissons le soin à notre enfant de décider de la décoration de sa chambre, nous risquons de la trouver moins « tendance », mais qu’est-ce qui est le plus important, la mode ou le fait que notre enfant se sente vraiment chez lui dans sa chambre? Une jeune fille a voulu poser dans sa chambre un tableau dont l’esthétisme apparaissait discutable, selon les standards des parents pourtant peu compliqués,  mais ils se sont abstenus d’émettre un commentaire. Elle était heureuse de son œuvre (qu’elle avait réalisée elle-même) et c’est ce qui compte.

 

En parallèle, chacun devrait disposer d’un temps pour agir selon ses inspirations, et cela inclut les parents. Ainsi, nous devrions être en mesure d’exprimer notre absence de disponibilité, car nous avons besoin d’un temps pour nous. Le simple fait de procéder ainsi montre à nos enfants que nous avons le droit d’avoir des besoins personnels et que nous ne sommes pas constamment au service des autres, ce qui ne diminue en rien l’importance de l’altruisme, mais qui relativise les choses.

 

Être soi pour notre enfant, cela commence par nous…


Gardons en tête que nous sommes le premier modèle d’intégrité dont dispose notre enfant. Si nous nous acceptons tel que nous sommes, et d’accepter notre enfant tel qu’il est, nous avons probablement fait l’essentiel du travail. Souvenons-nous que le bonheur est atteint quand ce que nous disons, ce que nous faisons et ce que nous pensons sont en harmonie.

 

 

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Anik Lessard Routhier

Auteure de la trilogie humoristique Hommes à parier

 

 

 

 

 

 

 







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