Théâtre Outremont Fin 30Sep 2017

Le Jeu, c'est sérieux!

Le Jeu, c'est sérieux!
vendredi 16 octobre, 2015

Faites un saut dans le passé… Laissez-vous imprégner du souvenir des jeux de votre enfance, quand les technologies n’étaient pas encore omniprésentes. Concevoir des cabanes à l’aide de couvertures, jouer une interminable partie de Monopoly, imaginer des scénarios dignes des plus grands feuilletons américains avec Barbie et Ken, jouer dehors en construisant des forts en neige comme les héros de la Guerre des Tuques…

 

Traitez-moi d’éternelle nostalgique, mais il me semble que les enfants d’aujourd’hui ne possèdent plus autant cette capacité de jouer… et de s’ennuyer ! Les « iCossins » viennent à la rescousse, au moindre signe de lassitude. Et je ne blâme pas les enfants, mais bien l’attitude parentale! Accordons-nous au jeu libre la valorisation qu’il mérite? Quelles sont nos propres barrières quant au jeu? Favorisons-nous véritablement les occasions de jeu? Savons-nous comment et avec quoi jouer? Voilà quelques questions auxquelles je vais m’amuser à tenter de répondre!

 

Le rôle du jeu chez l’enfant


Le jeu libre, c’est-à-dire sans contraintes ni règles, exerce un rôle essentiel dans le développement de l’enfant. Par le jeu, le petit apprend et comprend la vie… Axé sur la simple notion de plaisir et sur le processus plutôt que le résultat, le jeu libre ou symbolique permet à l’enfant de découvrir son environnement, mais aussi d’éprouver un sentiment de maîtrise. En effet, le bambin qui joue prend le contrôle de son jeu et s’autosuffit, ce qui l’aide à développer son estime de lui-même. Évidemment, le jeu libre développe aussi la créativité et l’ingéniosité, tout comme l’expressivité et la motivation. L’enfant prend plaisir à agir, et s’il le fait avec d’autres, il améliore en prime ses habiletés relationnelles.

 

Ces habiletés se réinvestissent évidemment dans la vie de tous les jours. Par exemple, la créativité développée durant le jeu forgera la souplesse d’esprit de l’enfant et l’amènera à aborder les problèmes du quotidien avec davantage d’innovation. Le sentiment de compétence au jeu mènera à une plus grande autonomie de l’enfant, puisqu’il développera sa capacité à choisir seul. Finalement, l’attitude ludique et le fait d’être en mesure de s’amuser de tout et de rien se conservera à l’âge adulte et fera de l’enfant une personne mieux outillée pour ne pas prendre la vie trop au sérieux, ce qui n’est pas un luxe ! Bref, le jeu libre en tant que tel a des impacts et des répercussions bien plus importantes que l’on pourrait le croire, chez l’enfant comme chez les parents.

 

Les freins chez l’adulte et les pièges à éviter


Malheureusement, plusieurs adultes ont perdu (ou n’ont jamais vraiment eu) l’attitude heureuse du joueur. Quel triste constat ! Pourtant, la vie en elle-même peut être considérée comme un grand jeu. Cette philosophie se développe toutefois principalement dans l’enfance, mais pour qu’un jeune y adhère sa vie durant, les adultes qui l’entourent auront dû éviter certains pièges.

 

Le plus fréquent d’entre eux est l’hyperorganisation du jeu, comme si ce dernier devait absolument demeurer structuré en tout temps. Au contraire : les règles peuvent être changées ou même mises de côté ! D’autres parents ne perçoivent tout simplement pas l’utilité du jeu libre : or, l’enfant s’y développe beaucoup plus que vous ne le pensez. Certains adultes se montrent quant à eux incapables de jouer ou de s’amuser avec « rien ». Ils ont perdu leur imagination et logiquement, ils n’imaginent pas où ils pourraient la retrouver ! Finalement, le stress et le manque de temps font souvent en sorte que les adultes refusent de se laisser aller à jouer, jugeant qu’ils ont beaucoup mieux à faire.

 

Qu’on le veuille ou non, chaque parent constitue un modèle pour ses enfants. Les jeunes apprennent beaucoup de l’attitude de leurs aînés face au jeu. Il importe donc que le message véhiculé favorise le jeu libre, et que les actions posées aillent également en ce sens.

 

Créer des occasions de jeu


Ainsi, la décision la plus essentielle qu’un parent puisse prendre semble tout simplement d’allouer aux enfants des périodes pour jouer sans contraintes. Certains jeunes ont un horaire surchargé de cours de tout acabit. Cependant, le jeu libre exige du temps et de l’énergie. Il nécessite aussi une certaine dose d’ennui. Ainsi, n’hésitez pas à alléger l’horaire de votre enfant pour qu’il dispose de temps pour ne rien faire… et jouer sans pression aucune ! En ce sens, vous pourriez aussi prévoir des moments sans technologie, ce qui incite à explorer d’autres jeux. Chez moi, par exemple, aucun membre de la famille n’a accès aux technologies (incluant la télévision) entre le dîner et le souper, chaque jour de la fin de semaine. Évidemment, il faut occasionnellement que je combatte mon sentiment de culpabilité à voir mes enfants s’ennuyer et tourner en rond, et que je tienne tête à mon ado lorsqu’elle vient me demander, à 16 h, si elle peut reprendre son iPod. Cela dit, les résultats sur le plan de créativité et d’autonomie font en sorte que je persiste. 

  

Comment jouer ?


Il existe mille et une recettes pour jouer. Évidemment, chaque enfant peut s’amuser seul. En fait, il s’avère pertinent que les jeunes développent cette capacité à s’organiser en solitaire, sans G.O. pour les diriger constamment. Cette habileté s’avèrera utile la vie durant, car on ne dispose pas toujours de quelqu’un pour nous désennuyer. Personnellement, je me souviens des parties de jeux de société auxquelles je jouais… contre Anik2 ! Cette joueuse imaginaire n’était pas très stratégique, je dois l’avouer, mais cela me permettait de m’adonner en solo à certains jeux de table.

 

Évidemment, on peut aussi favoriser le jeu en fournissant des partenaires à nos enfants. Vous pouvez jouer ce rôle, mais en invitant des petits amis à la maison, vous vous facilitez la tâche. Et bizarrement, l’ajout de marmaille à la maison semble toujours améliorer la dynamique dans la fratrie (du moins, chez moi). 

 

Si vous affrontez votre enfant dans un jeu, de grâce, ne vous transformez pas en idiot de service. Faire en sorte que votre enfant gagne toujours ne l’aide aucunement à devenir une meilleure personne, et il sera confronté un jour ou l’autre à la défaite. Aussi bien que ce soit avec vous. Soyez franc avec lui et, si vous lui laissez parfois des chances, verbalisez-le. Vous pouvez aussi lui demander carrément s’il préfère que vous soyez indulgent ou s’il souhaite relever le défi d’un face à face véritable avec vous. Être un bon perdant (et un humble gagnant) constitue une compétence qui se développe avec la pratique. Vous êtes un modèle en ce sens, tout comme vous êtes un modèle de stratégies menant à une victoire possible.

 

Dans cette optique, n’hésitez pas à verbaliser vos techniques de jeu : votre enfant pourra ainsi apprendre beaucoup. Cela dit, ne transformez pas systématiquement chaque activité en occasion éducative. Laissez votre enfant respirer ! Ne soyez pas trop intense non plus, comme si vous aviez trop de plaisir à jouer ou comme si vous deviez montrer à votre enfant comment jouer correctement. Il le sait, ne vous inquiétez pas !

 

Avec quoi jouer ?


L’enfant semble souvent bien plus créatif que l’adulte pour dénicher du matériel de jeu. Par exemple, le bac de recyclage se transforme en un véritable coffre aux trésors chez moi (et les retailles que cela crée décorent bien souvent mon plancher, à mon grand dam !). Cela dit, les jeux adaptatifs permettent des heures de plaisir. Les blocs de construction, un simple de jeu de 52 cartes, du papier et des crayons, des roches et du bois, des poupées, de vieux vêtements pour se déguiser… les enfants n’ont pas besoin de tant de choses pour s’amuser.

 

En ce sens, n’hésitez pas à ranger une partie des jouets dans des bacs et effectuez une rotation de temps à autre. La nouveauté suscite invariablement l’intérêt, et quelques mois sans avoir vu un jouet feront de ce dernier un objet des plus séduisants.

 

Lors de vos achats de jeux, favorisez les objets durables et polyvalents. Tentez de voir si ces items pourront vieillir avec l’enfant, ou du moins s’ils peuvent plaire à des enfants de divers âges, dans l’optique où vous aspirez à jouer en famille. Vérifiez si les jeux de société comportent des variantes les rendant plus ou moins faciles, selon les joueurs. Une excellente façon de tester cela est de se rendre en famille à la bibliothèque. La plupart d’entre elles disposent maintenant d’une ludothèque permettant d’essayer des jeux. Personnellement, je les teste là-bas, puis je ne me procure que mes coups de cœur. En outre, en discutant avec d’autres parents, vous obtiendrez aussi sûrement d’excellentes suggestions. D’ailleurs, pourquoi ne pas s’échanger des jouets entre familles consentantes ? Votre budget n’en sera que plus reluisant.

 

Jouer, l’essence de la vie…


Le jeu libre est au centre de la vie de l’enfant : il lui permet de réaliser maintes découvertes et de développer tout un lot d’habiletés. Aidez votre enfant à acquérir, mais surtout à maintenir, le sens du jeu. Cela lui servira toute sa vie et fera de lui un adulte plus heureux. Alors, allez-y ! Jouez !

 

 

Anik Lessard Routhier

Auteure de la trilogie Hommes à parier www.hommesaparier.com

Enseignante au collégial en Techniques d’éducation à l’enfance

 

 







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