Ville de Laval Fin 31 jan 2018

Et si les petites choses créaient les grandes ?

Et si les petites choses créaient les grandes ?
lundi 20 avril, 2015

« À la fin de votre vie, vous découvrirez que les choses que vous croyiez être de grandes choses étaient en fait de petites choses, et que toutes ces choses que vous considériez comme de petites choses sans importance étaient en fait les choses les plus grandes et les plus importantes. »[i] En lisant cette citation...

 


J’ai été confrontée à ma vision de la vie. En fait, j’ai longtemps pensé que la réussite était constituée de grands exploits ou, à tout le moins, d’une vie très remplie. Or, cette phrase me confirmait ce qu’intuitivement, je commençais à comprendre : c’est ce que nous sommes au quotidien, et non la somme de ce que nous réalisons, qui importe le plus.

 


 

De quoi se souviendront mes enfants ? Des livres que j’ai écrits ? Des trois emplois que j’ai cumulés à la fois pour avoir l’impression de me réaliser et pour diminuer mon insécurité financière, alors que tout cela ne faisait que m’épuiser ? Se remémoreront-ils plutôt la mère qui prenait le temps de jouer, de discuter, de lire ou de faire du sport avec eux ? C’est par notre discipline quotidienne, et non par nos prouesses de haute voltige, que nous nous forgeons, et que nous faisons de nos enfants de futurs adultes heureux – ou pas. Dans ce contexte (qui s’apparente à la philosophie kaizen décrite en encadré), il me semble essentiel de choisir avec soin les quelques gestes qui deviendront la fondation de notre famille.

 


 

Des actions concertées

Il y a des myriades de façons de vivre sa vie et de s’imprégner du sentiment de l’avoir réussie. Si pour moi le succès est synonyme de bien-être intérieur, il n’en demeure pas moins que je pourrais atteindre ce dernier d’une tonne de manières… et que je ne dispose que de vingt-quatre heures dans une journée.  Il importe donc, à quiconque aspire à une vie satisfaisante, d’identifier les gestes qui occasionneront les meilleurs résultats.

 


 

Pour ce faire, une réflexion préliminaire s’impose. Comment visualisez-vous votre vie de famille dans cinq ans ? Dans dix ans ? Et comment vous imaginez-vous, à travers tout cela ? Quelles sont les valeurs que vous souhaitez développer chez votre progéniture ? En fonction de cette vision idéale et globale, quels sont les gestes les plus susceptibles de vous y amener ? Voilà les éléments sur lesquels vous devriez concentrer vos énergies. C’est d’ailleurs en ce sens que va la Loi de Pareto (voir encadré).

 


 

Évidemment, il apparaît souvent beaucoup plus facile de ne pas poser un geste que de le poser, même quand ce dernier est relativement simple. Si la force de l’habitude jouera éventuellement en votre faveur, il n’en demeure pas moins qu’une habitude exige environ 21 jours à se cristalliser, d’où l’importance de persévérer, particulièrement en début de parcours.

 

 

On court, on court…

Je connais bien peu de gens (je me demande même si j’en connais) qui concilient travail et famille en toute zénitude. De partout émane cette impression d’urgence, de manquer de temps… Certains diront qu’ils n’ont pas le choix : c’est comme ça, la vie. Vraiment ? Et si on faisait d’autres choix, si on posait des gestes qui ralentissent le tout ? Pour ma part, je ralentis le rythme depuis quelques années, et ce long apprentissage a exigé et exige toujours que je revois mes façons de faire. Or, quelques petits gestes tout simples font une différence.

 


 

Par exemple, j’ai d’abord ralenti ma façon de bouger, de marcher et de conduire. S’il m’arrivait auparavant de carrément courir ou de dévaler les escaliers à toute vitesse, je refuse maintenant de m’y astreindre. Cette simple décision, que je réitère au quotidien, a modifié mon rythme interne.

 


 

Depuis bientôt deux ans, j’ai aussi choisi de me lever généralement plus tôt que mes enfants. Ainsi, j’ai du temps pour pratiquer le yoga, pour méditer. Je pourrais aussi en profiter pour lire ou écrire. Le fait de prendre du temps pour moi en début de journée a un impact direct sur ma qualité de vie, sur mon calme intérieur. Je ne dis pas que c’est toujours facile ; parfois me tirer du lit me semble relever autant du miracle qu’une semaine complète de beau temps au Québec. D’autres jours, j’abdique et je reste au chaud sous les couvertures. Cela dit, ce petit geste que j’ai choisi et que je pose la plupart du temps a amélioré ma vie.

 

 

Ce que veulent vraiment les enfants

Je suis toujours un peu étonnée de constater que les enfants, dans le fond, ne souhaitent que deux choses : notre présence ou disponibilité véritable, couplée d’une certaine sécurité. Les éclats ponctuels ou les cadeaux ne les marqueront que sur le moment, mais non à long terme. Alors, quels sont les gestes dont vous souhaitez les gratifier perpétuellement, ou du moins, en offrande régulière ? Quand vient le moment de les border, de les amener à la garderie, de prendre le repas ou le bain, y a-t-il de simples gestes que vous pouvez poser et qui feront la différence ?

 


 

Parmi mes actions favorites, j’ai écrit dans un article précédent sur la gratitude (Décembre 2014) des bonbons de la journée, ce qui est notre libellé familial pour une discussion de fin de journée sur les éléments quotidiens pour lesquels on souhaite dire merci. En investissant seulement 1 à 2 minutes par jour, j’ai obtenu que mes filles deviennent des enfants capables de percevoir le beau dans la vie. Manger à table plutôt que devant la télévision s’avère une autre décision qui a été profitable. Dans l’auto, lorsque nous allons au chalet, je loue maintenant des histoires sur CD à la bibliothèque. Depuis ce temps, les autoroutes et le pont Champlain ne nous ont jamais paru aussi sympathiques ! Je laisse aussi traîner le jeu Brin de jasette – Version famille (des cartes qui comportent des centaines de questions) dans le véhicule, et quand nous avons une brève route à faire, les filles sont enthousiastes à l’idée de poser des questions pour susciter des discussions inusitées ou même, parfois, profondes. Tous ces simples gestes améliorent sans conteste notre quotidien, et ne demandent que peu d’énergie.

 

Et vous, dans tout cela ?

Si les petites choses font la différence pour vos enfants, elles pourront aussi faire la différence quant à qui vous êtes. Plutôt que de viser la perfection (avouons-le, c’est un chantier qui serait encore plus interminable que celui de la réfection des routes québécoises), pourquoi ne pas identifier un ou deux actes qui feront de vous une meilleure personne ? Si vous n’avez pas lu Les quatre accords toltèques, de Don Miguel Ruiz, sachez que ses idées pourraient vous inspirer. L’auteur suggère, à la lumière de la sagesse toltèque ancienne, de respecter quatre principes : avoir une parole impeccable, ne pas prendre les choses personnellement, ne pas faire de suppositions et faire de son mieux. Un seul de ces préceptes, appliqué avec rigueur, change la vie ! Quel pourrait être le principe de vie que vous appliqueriez sans broncher (ou presque) ?

 

 

Un premier pas…

Ce fameux premier pas, c’est le plus ardu à effectuer. Cependant, si vous décidez aujourd’hui de choisir avec soin les actions qui égaieront votre quotidien, je suis convaincue que vous serez gagnant sur toute la ligne. N’oubliez pas : « Dans la vie, les petites choses sont en fait les grandes. Et la valeur de la réussite que vous allez connaître au cours de la vie dépend finalement de tous les petits choix que vous faites, chaque minute de chaque heure, de chaque jour. »[ii]

 

 

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La philosophie kaizen

ou l’art des petites améliorations constantes


 

 

 

Choisir et parfaire quelques petits gestes du quotidien, c’est ce qui risque d’améliorer le plus la vie familiale, tel que le préconise la philosophie kaizen. Qu’est-ce donc ? Le fait de suivre à la lettre les indications des biscuits chinois ? Un nouvel art martial à pratiquer pour mettre K.-O. nos idées de grandeur ? Rien de tout cela ! Il s’agit tout simplement de porter une attention particulière aux tout petits gestes du quotidien pour obtenir les résultats les plus probants, à long terme.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

À l’origine, cette philosophie provient du Japon, et plusieurs entreprises y adhèrent. C’est en développant le sens du détail et en s’assurant d’améliorer constamment les petits constituants d’un produit que l’on obtient, au final, un résultat de grande qualité. Cette manière de voir les choses s’applique facilement à la vie, au cours de laquelle nous tournons trop souvent les coins ronds pour vivre une vie loin de la qualité espérée. Pourquoi ne pas plutôt se concentrer sur le choix et l’amélioration de petits gestes qui, au fil des mois et des années, feront toute la différence ?

 


 

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La loi de Pareto

 

ou la règle du 80/20


 

Au moment de choisir les actes qui teinteront votre vécu familial et personnel, essayez d’identifier ceux qui, bien qu’exigeant peu de temps ou d’efforts, occasionneront les plus grands avantages. Selon la Loi de Pareto, 20 % de nos comportements nous apportent 80 % des bénéfices, alors concentrez vos énergies sur ces derniers.

 

 

 


 

 

 

Par exemple, travailler une heure de moins chaque jour pour que les routines matinales soient agréables et sans stress (et hors trafic !) aura probablement plus d’impacts sur vos enfants que de cumuler cinq heures de salaire hebdomadaire additionnel pour vous payer une semaine de vacances dans le Sud par année, tout en passant les 51 autres à maugréer !

 


 

Autre idée : établir une routine de menus santé, mais rapides d’exécution, sur une base hebdomadaire ou mensuelle sera bien plus payant à long terme que de vouloir concurrencer Ricardo et Josée DiStasio réunis, car vous serez beaucoup plus disponible pour les enfants et bien moins fatigué(e) quand viendra le temps de vous asseoir pour savourer le repas en famille.

 

 

 


 

 

 

Cette citation résume bien l’essence de cette loi : « La plupart des gens essaient d’obtenir davantage chaque jour, tandis que moi je m’efforce de devenir plus simple et moins compliqué chaque jour. » [i]

 


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Anik Lessard Routhier
Auteure de la trilogie Hommes à parier
www.hommesaparier.com

 

 

[i] SHARMA, Robin S. Favorisez le leadership de vos enfants grâce aux principes du moine qui vendit sa Ferrari. Éditions Un monde différent, Brossard, 2002, 239 pages (p. 25).

 

[ii] SHARMA, Robin S. Favorisez le leadership de vos enfants grâce aux principes du moine qui vendit sa Ferrari. Éditions Un monde différent, Brossard, 2002, 239 pages (p. 213).

 

[iii] SHARMA, Robin S. Favorisez le leadership de vos enfants grâce aux principes du moine qui vendit sa Ferrari. Éditions Un monde différent, Brossard, 2002, 239 pages (p. 62).







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