Bayard Fin Sep 30 2017

Célébrer les vacances… et surtout, célébrer toute l’année !

mardi 10 juin, 2014

Roum dum dum wa la dou… C’est le temps des vacances ! Le célèbre refrain de Pierre Lalonde peut vous inspirer de bien des manières ! Pour ma part, il m’incite aux festivités à l’année ! Fêter peut s’avérer plus que bénéfique pour votre petite famille, en créant une singulière connexité au sein de votre maisonnée.

Quel est ce concept et quel est son impact sur le bonheur familial ? Comment peut-on favoriser ce principe ? L’une des réponses est simple et accessible : il suffit de prévoir, outre les incontournables célébrations annuelles, quelques traditions familiales à souligner de manière originale ou inusitée. Creusons un peu la question, histoire de susciter au sein de votre cocon familial une folle envie de célébrer !


La connexité : un ingrédient clé pour des enfants heureux !


« L’enfance du bonheur » : ce titre de bouquin m’a tout de suite accrochée. Edward M. Hallowell, un pédiatre américain, y soutient que le bonheur des enfants – et sa pérennité à l’âge adulte – passe par cinq éléments (je ne vous dévoilerai les autres que dans de prochains articles). Le plus important s’avère la connexité : « Une enfance connectée est une forme d’éducation où l’objectif premier, à la maison ou à l’école, est de créer une atmosphère de connexité dans laquelle l’enfant se sent intégré, bienvenu et traité avec équité[1]. » En d’autres mots, l’enfant doit sentir qu’il fait partie d’un tout, tant dans le noyau familial que scolaire, mais il doit aussi constater que l’ambiance vécue au sein de ceux-ci demeure agréable et qu’il peut participer à la vie du groupe. Cela influencera grandement la durabilité de son bonheur.


Super ! Mais comment favoriser cette enfance empreinte de connexité ? L’auteur propose diverses avenues, dont l’amitié, la collectivité, une école intégrante, la participation aux activités sportives, la nature, les animaux, un sens de l’histoire et du passé et l’implication des enfants dans les tâches, ce que j’ai abordé dans mon article de la dernière édition. En outre, l’une des suggestions porte sur les traditions familiales. La création de celles-ci, leur expectative et la participation des jeunes à leur préparation et à leur réalisation créent une connexité familiale des plus efficaces.


Bien évidemment, vous pouvez célébrer Noël, l’Halloween, Pâques, les anniversaires, la fête des Mères ou des Pères. Cependant, mine de rien, les occasions de célébrer laissent place à de nombreuses semaines sans agréments. Alors, pourquoi ne pas inventer vos propres traditions ? Voici quelques idées qui résultent de mes élucubrations et de la consultation de mon nouveau quatuor. Elles vous feront peut-être sourire ou, mieux, vous donneront envie de passer à l’action. Suffit de déterminer à quels moments de l’année vous instaurerez vos traditions, de les noter au calendrier, et le tour est joué ! À vos marques, prêts, célébrez !


Spécial Été


Comme nous sommes proches de la saison estivale, j’ai pensé que vous aimeriez profiter de ce temps de repos pour inaugurer quelques rites. Par exemple, vous pourriez « ouvrir » le festival des vacances en allant cueillir des fraises le premier samedi de congé, puis déguster en famille un gâteau des anges géant comportant une tonne de crème fouettée ! Cachez une amande à l’intérieur et celui qui la croquera aura… (à vous de le déterminer !). Voilà la tradition de la galette des rois réinventée !


On pense souvent aux journées pyjama pendant l’hiver, mais pourquoi ne pas en faire une en été et aller se promener en famille tous de pyjamas vêtus ! D’ailleurs, vous ne voudrez peut-être pas enlever vos pyjamas pour la traditionnelle « nuit blanche » de l’année. Pour souligner les Perséides d’août, pourquoi ne pas laisser les enfants se coucher quand bon leur semble et regarder les étoiles ? Et pour varier, si les lieux le permettent, le traditionnel feu de camp avec des guimauves grillées pourra être à l’honneur suivi, pourquoi pas, d’un dodo dans une tente installée derrière la maison. Chez nous, les enfants ont insisté, à ma grande surprise, pour que mon conjoint et moi nous couchions tard également : j’ose simplement espérer que les enfants seront indulgents avec notre mine affreuse le lendemain !


De toute manière, c’est eux qui auront une allure à faire peur lors de cette autre tradition qu’ils nous ont suggérée : la « Journée de la bouette ». Au cours de cette journée, idéalement pluvieuse, les enfants ont le droit de se salir toute la journée. Ils peuvent jouer dans la terre et l’eau comme bon leur semble ! Il faut dire que nous disposons du terrain idéal pour cela, mais si ce n’est pas votre cas, vous pourriez organiser une expédition en forêt une fois par année en donnant votre bénédiction pour se rouler par terre !


Dans un registre plus romantique, pourquoi ne pas souligner le premier bouquet de fleurs de l’année en le cueillant tous en famille ? L’ouverture de la crémerie du coin pourra devenir le moment tant attendu d’une traditionnelle balade à vélo jusqu’à cet endroit, pour y déguster la première banane royale de l’année. Et tant pis pour les calories !


Rites gourmands


Parlant gourmandise, le rite de l’épicerie de vacances saura plaire à tous les enfants – et même aux parents. Suffit d’établir un budget (par ex. : 20 $ par enfant) et de donner carte blanche aux jeunes pour leurs achats alimentaires, une fois par année. L’esprit de partage peut éclore et les enfants décideront de leurs investissements communs, en parallèle des gâteries personnelles qu’ils souhaitent. Ce n’est pas tout ! Lors de la semaine de l’épicerie de vacances, les enfants ont le droit de manger ce qu’ils veulent, quand ils le veulent. Et voilà un semblant de forfait vacances tout inclus directement chez soi !


Les repas constituent d’ailleurs une fantastique occasion de commémorer. Si le souper de l’Action de grâce s’avère un moment de dire merci qui m’apparaît «sous-célébré», pourquoi ne pas prendre aussi un repas spécial lors de la tombée de la première neige, par exemple en organisant un trio de fondues réconfortantes (fromage, viande ou crustacés, fruits…) ou en sortant la raclette pour l’occasion ?


Pour ma part, j’aime aussi avoir des incontournables alimentaires qui reviennent chaque semaine et que mon estomac attend avec autant d’impatience qu’un enfant attend ses cadeaux de Noël. Par exemple, d’octobre à avril, nous mangeons de la soupe à l’oignon maison les samedis midis. Je m’en lasserai peut-être un jour, mais son absence mi-annuelle me la fait grandement savourer pendant les mois frisquets (pour ne pas dire « frettes », si l’on se réfère à l’hiver et au printemps interminables que l’on vient d’endurer !)


J’adore également les « beaux samedis ». L’idée a démarré avec mon conjoint, car nous avons l’habitude de nous vêtir « comme pour une sortie » pour souper à la maison, la fin de semaine. Nous avons élargi le concept avec les enfants, une fois par semaine. Mes deux plus jeunes adorent porter leurs robes à l’occasion, et je songe même à intégrer, de temps à autre, un rituel beauté juste avant ! Bon, d’accord, ma fille aînée n’est pas enchantée, mais ça fait du bien de la voir autrement qu’en jogging une fois par semaine !


En outre, le conseil de coopération, que les familles en garde partagée peuvent idéalement effectuer lors du dernier repas de la semaine, pose un regard pertinent sur le vécu familial, car les enfants et les parents doivent y féliciter les autres, les critiquer (au besoin), dire merci et proposer des idées pour améliorer le vécu familial. Chez nous, les enfants ont aussi le droit de se féliciter eux-mêmes, ce qui leur permet de partager certains éléments de fierté.


Autre plaisir de la table, la Journée mondiale du dessert, bien que n’existant pas officiellement, mérite d’être soulignée à mon avis (et à celui de tous ceux qui ont la dent sucrée !). Ce jour-là, il n’y a que des gâteries au menu, et la famille peut préparer divers desserts en collaboration. D’ailleurs, l’occasion est idéale pour inviter des amis pour un savoureux buffet communautaire. C’est aussi le temps de se débarrasser des restants de chocolat de Pâques ou de bonbons d’Halloween… Bien que grande amatrice de croustilles et de nourriture salée, je salive déjà juste à y penser !


Idées en vrac


Les journées mondiales foisonnent maintenant. Une petite recherche sur Google à ce sujet[2] stimulera votre créativité tout en tenant compte de vos intérêts. Cela dit, la Journée sans télévision (21 novembre) me semble pertinente et peut devenir la Journée sans écran : et si, une fois par année, on éteignait toute technologie ? La Journée de l’enfance (20 novembre) peut être une journée dédiée aux jeux de société.


La Journée du sourire (dernier mercredi d’avril) ou de la gentillesse (13 novembre) sera transformée en Journée sans « chialage ». Ah ! La joie ! Pour être certain que la journée devienne un succès, accrochez trois épingles à linge sur les vêtements de chacun. Si quelqu’un est pris en flagrant délit de récriminations, celui qui le surprend lui pique son épingle. Le gagnant est le membre de la famille qui a cumulé le plus d’épingles à la fin de la journée.


En plein milieu de l’hiver, vous pourriez aussi instaurer une Journée chaleur : on s’habille tous en été, on écoute de la musique estivale, on se badigeonne de crème solaire et on sirote un cocktail devant le foyer, collier hawaiien en prime !


Vous pourriez aussi organiser la Journée des amis : une fois par année, tous vos enfants peuvent avoir des amis pour le dodo en même temps. On sort les sacs de couchage et on se prépare à une nuit écourtée (ou on se prépare à dire « Chuttt ! » en toute fermeté) !


Pour terminer, je vous conseille, aux abords de l’été, cet autre rite que j’adore : les JSO. De temps à autre, permettez-vous une Journée Sans Obligations (jetez un coup d’œil à mon éditorial pour en savoir plus).


Toutes les raisons de fêter !


« En offrant la connexité avant tout, vous faites non seulement une bonne chose, mais la meilleure. Vous donnez à votre enfant la plus grande ?longueur d’avance? sur la concurrence. Un enfant connecté réussira selon ses talents et y prendra plaisir. Il sera porté à l’optimisme, ce qui l’immunisera presque complètement contre la dépression. Il se sentira en sécurité et aura le sentiment que tout va bien dans sa vie[3]. »

Alors, faites un premier pas vers cette connexité en intégrant les célébrations à votre quotidien. Après tout, la vie devient beaucoup plus agréable quand on fête… Gardez en tête que, tel que l’a énoncé Philippe Bouvard : « la vraie fête, c’est faire ce dont on a envie, indépendamment de ce que font les autres, sans tenir compte du calendrier, en se moquant des usages et en faisant fi du qu’en-dira-t-on. »

 


[1] Hallowell, Edward M. L’enfance du bonheur, Éditions de l’Homme, Montréal, 2004, p. 113.


[2] Ou sur : http://www.un.org/fr/events/observances/days.shtml (site de l’ONU) ou encore http://www.journee-mondiale.com/ (Journée mondiale.com)


[3] Hallowell, Edward M. L’enfance du bonheur, Éditions de l’Homme, Montréal, 2004, p. 118.



 

Anik Lessard Routhier

Enseignante et auteure de la trilogie Hommes à parier

www.hommesaparier.com





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