Loisirs 3000 Fin 15 Juillet 2017 LB v2

Le Combat des Petits Pois

lundi 02 avril, 2007

L'été vient de débuter sans tambours ni trompettes, cette saison estivale tonitruante qui occupe soudainement la place du timide printemps. Bien entendu, les marchés publics sortent de leur léthargie, les étals débordent de victuailles abondantes, le roi Soleil nous apporte des primeurs et le prix des denrées est enfin à la baisse.


Les parents, tout contents, s'en vont magasiner les beaux jours de fin de semaine, cabas au bras, paniers sur roulettes et poussettes pour les jeunes bambins touche-à-tout ! Enfin, des produits frais et bientôt de beaux fruits et légumes bien de chez nous, offerts par les maraîchers de la Montérégie.

Tout cela est fort ragoûtant, vous vous imaginez déjà en train de préparer une grosse paella accompagnée d'une bonne bouteille de rosé ! Mais voilà, il y a un hic au tableau : les enfants font la moue, difficiles à convaincre lorsque vient le temps d'expérimenter de nouvelles recettes et de jongler avec la bouffe.

Les parents pris entre deux chaises


Durant les premières années de l'école primaire, un combat décisif va mobiliser toutes vos énergies : maintenir l'intérêt de votre enfant envers une saine alimentation et l'écarter du chant des sirènes de la télévision, qui clame haut et fort : « faites-vous plaisir, pourquoi ne pas grignoter quelques croustilles ou croquettes de machin avant de retourner en classe ? »

À table, l'assiette sert d'arène pour des joutes qui laissent les parents pantois : le brocoli est démembré et l'enfant l'utilise comme balai pour faire virevolter les miettes de pain ; les petits pois sont catapultés au moyen de la cuillère à café ; sans oublier la chair du poisson passée à tabac par le dos de la fourchette récalcitrante... l'enfant fait la moue, tire la langue et réclame à grands cris autre chose !
Pris entre une attitude de réprobation et une autre de conciliation, les parents trop souvent baissent les bras afin de céder à l'ambiance générale : pourquoi se compliquer la vie, alors on va au plus pressant. Les plats surgelés s'imposent, quand ce n'est pas la visite éclair au McDo du coin ou la commande de pizzas.

Des statistiques alarmantes


Chez Santé Canada, on sonne le branle-bas de combat en affirmant qu'au Canada, « plus de 42 % des enfants ne mangent pas un petit déjeuner convenable. Un enfant sur cinq ne mange pas les cinq portions quotidiennes recommandées de fruits et légumes. Et près de 50 % des jeunes de 9, 12 et 15 ans n'ont pas un régime équilibré ».

Une enquête menée par la Société canadienne de pédiatrie entre 1999 et 2003 auprès des élèves de sixième année révélait que 15 % des enfants ont déclaré manger des frites ou des croustilles tous les jours et que 24 % consomment des friandises ou des barres de chocolat quotidiennement. Dans ces conditions, pas surprenant que le brocoli se fasse « casser les deux jambes » !

Même son de cloche du côté de nos cousins les Français, pourtant réputés pour leur amour de la bonne chère. Malgré de généreux programmes de sensibilisation et de prévention auprès des enfants du lycée, la tendance maintient le cap dans l'Hexagone. D'après le docteur Marion Apfelbaum, les comportements des adolescents vont vers le snacking à l'américaine : « Les jeunes citadins français mangent jusqu'à cinq ou six fois par jour. De la nourriture fast-food, la plupart du temps. Le phénomène va en augmentant. On devrait se retrouver dans dix ou quinze ans avec des taux d'obésité comparables à ceux que l'on rencontre aujourd'hui aux États-Unis ».

La publicité envahit la salle à manger


Vous avez certainement constaté que vos enfants profitent souvent des moments de répit pour ouvrir la télévision et sortir les croustilles... alors que vous êtes en train de laver les champignons et de faire rissoler les échalotes au son de votre musique préférée.

Comme l'univers de vos enfants est peuplé de héros et de personnages sortis des médias de masse, pas surprenant que l'enfant réclame son dû de « CHOCO-GRENOUILLES » comme dans Harry Potter. La publicité pour enfants est devenue une sorte de génie de la lampe d'Aladin qui se glisse subrepticement dans la chambre à coucher de votre fille, dans la salle de séjour, dans les abribus et même, hé oui, à l'école.

En effet, la publicité pour enfants a le vent dans les voiles et plusieurs débattent de la pertinence d'en limiter la portée en adoptant de nouvelles réglementations. Nous connaissons tous les récentes incursions de certaines multinationales qui s'infiltrent dans les écoles au moyen de programmes scolaires commandités.

Attention aux heures d'écoute le samedi matin, par exemple, c'est le moment propice pour que le génie de la lampe guide les pas de votre enfants de la télévision jusqu'à... la réserve de croustilles ! D'après M. William Dietz, directeur de nutrition clinique au New England Medical Center de Boston, « il existe bel et bien une corrélation étroite entre le nombre d'heures de télévision emmagasinées par les jeunes et leur taux de graisse dans le corps [...] la télévision leur donne le sentiment de pouvoir en manger autant qu'ils veulent ».
Les effets pernicieux de la malbouffe
C'est bien connu, une alimentation saine et variée est le meilleur gage que votre enfant pourra connaître une croissance optimale. Contrairement à ce que pourraient croire bien des gens, il n'est pas nécessaire de consommer de grandes portions d'aliments, mais plutôt d'avoir des habitudes variées.

Les TV dinners et autres amuse-gueules commercialisés offrent peu d'apports en fibres et vitamines, l'enfant a besoin de consommer des fruits et légumes et des céréales complètes de façon régulière.

Beaucoup de produits que convoite ma fille s'accompagnent bien de boissons gazeuses, lesquelles remplacent de façon insidieuse le lait et les jus naturels. Et nous savons tous que les boissons gazeuses contiennent du sucre et aussi... du gaz carbonique qui provoque un effet de gonflement dans l'estomac. Pour leur part, les petits pains à hamburgers et autres produits du « snacking » ne contiennent pratiquement plus de fibres, éléments indispensables pour la digestion et l'élimination. Pas surprenant que tant d'enfants se plaignent de maux de ventre et de constipation...

Au chapitre de la cuisson, il est évident la friture est à éviter, puisqu'elle génère un apport en gras saturés. Pourtant, toute l'industrie du fast-food repose sur la friture et l'ajout de sel ou de sucre, deux éléments problématiques lorsque consommés en trop grandes quantités.

Une approche alternative


L'école peut très bien devenir une courroie de transmission entre l'enfant et le parent puisque le cursus pédagogique représente certes une influence de premier plan auprès des jeunes du primaire. De l'avis de Santé Canada, « il est important d'intégrer la nutrition aux matières qui sont enseignées afin que cela ne devienne pas pour les enseignants une tâche supplémentaire. En effet, une foule de notions de nutrition peuvent servir d'appui à l'enseignement du français, de la chimie ou de l'éducation physique, par exemple ».

Les Français poussent la donne plus loin, puisqu'ils préconisent même de créer des ateliers d'initiation à la cuisine pour les bouts de chou, afin qu'ils puissent mettre la main à la pâte et prendre conscience de la diversité des aliments disponibles. Il y a fort à parier que vos enfants se réjouiront de découvrir les vertus curatives de l'artichaut, d'apprendre que la pomme de terre contient du potassium, que les lentilles sont riches en fer, etc.

De retour à la maison, il sera alors peut-être plus facile de leur transmettre nos coups de coeur pour la bouffe. Pourquoi ne pas amener vos enfants au marché et leur proposer des menus improvisés : salade de concombres frais au yogourt et à la menthe ; crème de choux-fleurs et de pommes de terre ; petits navets sautés dans la friteuse en guise d'accompagnement ; de belles dorades cuites dans un zeste d'huile d'olive et de jus de limettes avec pour partenaire une salade de tomates fraîches et de fromage feta.

Comme les petits chefs aiment donner un coup de main, réservez-leur un espace adapté de la confection des repas familiaux : apprenez-leur à découper les aliments en rondelles, en petits cubes ou en julienne, à malaxer la pâte à biscuit, à râper le fromage sur le gratin dauphinois ou à préparer une simple vinaigrette ! Les enfants, c'est bien connu, adorent participer à des activités qui mettent à contribution leur sens de la créativité et leur esprit de découverte. Alors, pourquoi ne pas faire cause commune entre 18 h et 19 h : cette fameuse période d'hystérie pourrait se transformer, d'un coup de baguette magique, en un moment de détente collective, autre chose qu'une corvée désagréable !

Une chose reste certaine en tout cas : il est important de se donner des moments de répit afin de réapprendre à savourer des repas pris en commun et de communiquer autour de la table familiale. Poussés à bout par la course quotidienne, nos enfants deviennent des cibles de choix pour cette armée de « croque-machins » parachutée de toutes parts.








Nous joindre

Montréal pour Enfants
4141, rue Sherbrooke Ouest bureau 650
Montréal, Québec
H3Z 1B8
Tél.: (514) 931-0522
Téléc.: (514) 637-6341



© 2017 Montreal Pour Enfants Tous droits réservé. Conception web par Vortex Solution.    Plan du site  |   Imprimer
Joignant des milliers de parents à chaque publication, notre magazine est sans rival. Nos 30 000 copies sont distribuées gratuitement dans un grand nombre de garderies, écoles primaires et académies, bibliothèques publiques, centres communautaires, librairies, hôpitaux pour enfants, centres prénatals, boutiques pour enfants, ainsi qu'au Biodôme de Montréal, au Jardin Botanique de Montréal, aux magasins IKEA, Toys "R" us et plus encore. Montréal pour Enfants est un soutien indispensable pour les parents; en leur offrant des articles écrits par des professionnels sur la santé, l'éducation, l'alimentation et le développement de l'enfant, en les informant sur les activités culturelles, sportives et éducatives que Montréal et ses banlieues ont à offrir aux familles. Montréal pour Enfants est une méthode très efficace pour les annonceurs de rejoindre le marché familial de Montréal, Laval et la Rive-Sud.